film du mois_JuiL23

BILAN | Les meilleurs films du mois de juillet 2023

CHAQUE MOIS, LES MEMBRES DE LA RÉDACTION VOUS PROPOSENT LEUR FILM PRÉFÉRÉ LORS DU BILAN DU MOIS, CELUI QU’IL FALLAIT DÉCOUVRIR À TOUT PRIX EN SALLE OU DANS VOTRE SALON (SORTIES SVOD, E-CINEMA…). DÉCOUVREZ CI-DESSOUS LES CHOIX DE CHAQUE RÉDACTEUR DE LE BLEU DU MIROIR POUR LE MOIS DE JUILLET 2023.

 

LE CHOIX DE THOMAS PÉRILLON

sabotage

SABOTAGE de Daniel Goldhaber

Imprévisible et éloquent, porté par une urgence palpable, Sabotage n’est peut-être pas un manifeste du même acabit que l’ouvrage dont il est librement inspiré, mais il n’en demeure pas moins un geste cinématographique galvanisant, qui illustre remarquablement les enjeux de notre époque, et une représentation percutante de la colère palpable d’une génération trahie qui possède désormais les moyens pour s’organiser et faire changer les choses.

Le choix de Florent Boutet

LES HERBES SÈCHES de Nuri Bilge Ceylan

C’est de nouveau autour d’enseignants que pousse la nouvelle histoire du turc Nuri Bilge Ceylan, entre la dureté des saisons anatoliennes, les aléas de l’enseignement et la promesse d’amours au bout de discussions fleuves. Dans Les herbes sèches, le réalisateur de Winter Sleep utilise comme à son habitude le temps long pour étirer au maximum son dispositif tout en dialogues, allant jusqu’à une forme d’épuisement de ses acteurs, formalisé par une idée de mise en scène brillante. Ceylan filme une fugue, pause nécessaire pour reprendre son souffle et envisager le dernier tiers de son film. La terre d’Anatolie chère à l’auteur n’a jamais été autant une zone de contrastes, ou le point de vue se fait fluide et toujours plus surprenant.

Le choix de François-Xavier Thuaud

Les filles d'Olfa

LES FILLES D’OLFA de Kaouther Ben Hania

Comment approcher la violence du monde tout en la gardant à distance ? Question passionnante à laquelle Kaouther Ben Hania tente de répondre par un jeu dialectique de haute volée entre le vrai et le faux, le champ et le hors-champ, la personne et le personnage. La doublure est bien souvent le lieu de la dissimulation, de la soustraction au regard. Ici, au contraire, des comédiennes sont engagées pour doubler et/ou assumer une charge émotionnelle inouïe. Les filles d’Olfa est assez miraculeux dans sa capacité à superposer sans confondre, à énoncer sans juger. Un film spectral aux échos infiniment sombres, enfant légitime de Close up avec qui il partage ce sens du mystère, une vérité qui s’éloigne à mesure qu’on croit la discerner, qui se révèle à mesure qu’on la maquille.

Le choix d’Adrien Roche

OPPENHEIMER de Christopher Nolan

En ce mois de juillet qui a permis à l’auteur de ces lignes de découvrir l’immense Dancer in the Dark, Christopher Nolan a remporté le « Barbenheimer » en proposant un film-somme pour mettre en scène l’implosion de J. Robert Oppenheimer face à sa création. Pourtant teasé comme un blockbuster purement nolanien, le biopic du père de la bombe nucléaire est peut-être le moins explosif des films du cinéaste. Le climax tant attendu n’arrive jamais, laissant sa place à l’horreur constante suivant le drame de la fin de la Seconde Guerre Mondiale (et du début de la Guerre Froide). Malgré une mise en scène peu inventive, hormis quelques coups d’éclat dont cet affolant discours brillamment retranscrit, Oppenheimer parvient à nous emmener au cœur des pensées de J. Robert, et pas seulement. Il remet en cause toute l’Amérique ultra-capitaliste et la place occupée par les femmes à cette époque, reléguées au rang de soutien émotionnel des dirigeants et intellectuels du pays. Oppenheimer est assurément parmi les plus grands films de Nolan, qui devait se réinventer après Tenet, œuvre controversée qui sonnait le glas de la période SF du cinéaste. 

Le choix de Marie Serale

CLÉO, MELVIL ET MOI d’Arnaud Viard

Dans une parenthèse réenchantée, Arnaud Viard a posé un regard attendri sur le premier confinement de 2020. Cléo, Melvil et moi donne à voir une introspection poétique et vivifiante dans un Paris où la vie semblait éteinte. On tombe volontiers sous le charme de cette autofiction et de ses héros.

Le choix de Victor Van de Kadsye

MASTER GARDENER de Paul Schrader

En concluant sa trilogie de la rédemption, après les excellents First Reformed et The Card Counter, Paul Schrader signe une nouvelle variation des récits rédempteurs qui lui tiennent à cœur. Avec l’une des meilleures performances de l’acteur, la voix hypnotique et troublante de Joël Edgerton nous guide dans un récit ambigu, servi par une mise en scène proche de la fable.

Le choix d’Emilien Peillon

MISSION : IMPOSSIBLE 7 de Christopher McQuarrie

Mission Impossible est certainement ce qui est arrivé de mieux aux blockbusters américains ces 25 dernières années. Toujours iriguée par les thématiques du paraître, du mensonge et du pouvoir des images, la dernière aventure d’Ethan Hunt le pousse à affronter non plus des personnes mais un concept, le grand sujet de la post-vérité, l’antagoniste parfait pour conclure la saga. Celle-ci connaît un second souffle notable depuis que Christopher McQuarrie est aux commandes : renouant avec la surenchère propre à Brian de Palma, chaque nouvelle itération se pose comme une sorte de best of du film d’action contemporain, tout en construisant un crescendo marqué d’épisode en épisode. Et franchement, comment résister à ce grand jeu de dupes où chaque scène se permet de mêler petites trahisons personnelles et urgence du moment, enjeux réellement tendus et courses-poursuites totalement rocambolesques, où se superposent deux, trois, cinq, dix niveaux de lecture ? La machine est bien huilée, les mécanismes narratifs habituels sont toujours là, le plaisir d’être trahi aussi.




%d blogueurs aiment cette page :