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SÉLECTION | Les films à voir en avril 2026 sur Ciné+ et OCS

Chaque mois, en parallèle de notre agenda ciné, la rédaction vous propose une sélection de films à voir ou revoir sur les chaînes de Ciné+ OCSC+ Grand Ecran et sur MyCanal. Films inédits sur petit écran, rediffusions, films de patrimoine et rétrospectives, voici notre shortlist du mois d’avril 2026.

LA PETITE DERNIÈRE

En portant à l’écran une figure de jeune femme musulmane et lesbienne, campée par Nadia Melliti (César de la révélation féminine), Hafsia Herzi confirme son talent de réalisatrice et comble un vide criant dans le paysage cinématographique français. Avec La Petite Dernière, elle signe une œuvre bouleversante, sa plus aboutie à ce jour, et donne voix à une génération en quête de reconnaissance et de liberté, nous laissant les yeux plein de larmes à l’issue de son visionnage. – SN

Chronology of water

Radicale, dérangeante et fascinante, cathartique et furieusement poétique, The chronology of water est une oeuvre bouillonnante, d’une liberté incroyable et d’une créativité insolente, qui explore la sexualité féminine, la résilience et la maternité avec une audace vertigineuse. Pour ses débuts à la réalisation, Kristen Stewart entre par la grande porte, avec l’aplomb des artistes qui clament leurs convictions et assument leur regard, leur voix. Avec The Chronology of water, elle signe un premier film percutant, une représentation viscérale des expériences féminines et du pouvoir de l’écriture dans le long processus de guérison après le bruit et la fureur.​ – SN

Bird

Poursuivant une tradition de titres en un seul mot centrés autour de l’univers animalier, Andrea Arnold signe avec Bird une surprenante fable sur le passage à l’âge adulte, esquissée avec sensibilité et conservant quelques mystères, qui assume sa singularité et ses effets spéciaux, lui conférant une dimension surnaturelle inattendue. Mais ce nouveau film possède la fougue et le coeur suffisamment généreux pour nous accrocher, autour de cette relation centrale fascinante qui donne son titre au film. Son imagination, qui lui permettait d’échapper aux frustrations de son entourage, se projette sur cet étrange et bienveillant vagabond, qui lui offre une amitié devenant progressivement indispensable, alors qu’elle ne trouve pas le cadre affectif auprès de son père – et pas plus de sa mère, qui laisse ses demi-frère et soeurs livrés à eux-mêmes. – SN

Kontinental ’25

Kontinental ’25, le nouveau Radu Jude (en attendant son Dracula), conte moral sans appel, tend un miroir grossissant sur la médiocrité et l’obscénité de notre époque. L’âcre lucidité du cinéaste roumain fait encore une fois mouche. Radu Jude dit s’être inspiré de Europe 51 de Roberto Rossellini pour ce film sans doute moins éclatant que les précédents, mais tout aussi vigoureux. Avec la séquence finale, c’est davantage à Michelangelo Antonioni et à l’Éclipse que l’on pense, une ville hantée par les fantômes de tous les Ion qui ont raté une marche, dévissé, et dont l’absence ne trouble le sommeil de personne. Dormir sur ses deux oreilles a un prix : l’indécence. – FXT

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

Au-delà de son récit familial, Comment devenir riche offre une réflexion sur les différences culturelles dans la prise en charge des aînés. Il souligne l’importance des liens intergénérationnels tout en questionnant les motivations derrière le soin apporté aux seniors, qu’il s’agisse d’affection sincère, de cupidité ou de petites trahisons intrafamiliales. Une remise en question universelle qui résonne particulièrement dans nos sociétés contemporaines individualistes. – SN


Et du côté des classiques ?


 

L’ASSASSIN HABITE AU 21

Réalisé en 1942 par Henri-Georges Clouzot, L’ASSASSIN HABITE AU 21 met en scène le commissaire Wens – Pierre Fresnay – qui doit enquêter sur une mystérieuse série de meurtres au sein d’une pension. Ce personnage de policier avait déjà été interprété par Pierre Fresnay dans LE DERNIER DES SIX de Georges Lacombe, un an plus tôt et permet à l’acteur de livrer une de ses plus belles prestations, formant avec Suzy Delair, un couple savoureux par ses échanges qui ne manque pas de piquant. La description de l’humanité que fait Clouzot dans cette histoire, toute de noirceur mais aussi de drôlerie,  constitue un des atouts de ce grand classique du film à énigme. Jean Tissier, Noël Roquevert et Pierre Larquey, mais aussi Raymond Bussières complètent la distribution de ce long-métrage au charme intemporel. – EF

LE CORBEAU

Dans une petite ville de province, le calme apparent est subitement troublé par une prolifération de lettres anonymes mettant en cause le médecin, accusé de pratiquer des avortements clandestins. D’autres habitants sont également visés. Réalisé en 1943 par Henri-Georges Clouzot, produit par la Continental – firme créée par Joseph Goebbels, ministre de la propagande d’Adolf Hitler – Le corbeau reste un film aux intentions ambiguës, mais réellement passionnant. L’atmosphère troublée va crescendo et le réalisateur donne libre cours à sa misanthropie légendaire dans ce récit haletant aux dialogues d’une grande force. Avec également Pierre Larquey, Ginette Leclerc et  Noël Roquevert. – EF

LA TOUR INFERNALE

la tour infernale

Un immense gratte-ciel doit être inauguré à San Francisco, mais un court-circuit provoque un incendie redoutable. Fleuron incontestable du film catastrophe, LA TOUR INFERNALE, réalisé en 1974 par John Guillermin réunit autour de Paul Newman et de Steve McQueen, une pléiade de stars – Faye Dunaway, William Holden, Robert Vaughn, Fred Astaire – pour une oeuvre dont les effets spéciaux restent une référence plus de cinquante ans après. Sans temps mort malgré sa durée de 165 minutes, LA TOUR INFERNALE délivre une série de scènes plus spectaculaires les unes que les autres et la partition de John Williams accompagne ce récit très efficacement. – EF

RAGING BULL

raging bull

Biographie du boxeur Jake LaMotta, RAGING BULL, réalisé en 1980 par Martin Scorsese, offre un portrait sans concession du célèbre boxeur et décrit son ascension et son déclin à travers un récit aux scènes chocs, dont certaines sont devenues cultes. Robert de Niro trouve un de ses rôles les plus forts, entouré de Joe Pesci dans son premier rôle important et de Cathy Moriarty. Malgré son relatif insuccès à sa sortie, RAGING BULL est devenu au fil des ans une référence incontournable du septième art, grâce à son scénario co-écrit par Paul Schrader et Mardik Martin, à l’interprétation phénoménale de Robert de Niro et à la force d’une réalisation  comptant parmi les très grandes réussites de Martin Scorsese. – EF

LA FUREUR DE VIVRE

la fureur de vivre

Ayant emménagé depuis peu à Los Angeles avec ses parents, l’adolescent Jim Stark se retrouve au poste de police pour ébriété sur la voie publique. Son mal de vivre, ses conflits répétés avec ses parents et son passage douloureux à l’âge adulte, tout cela est raconté par Nicholas Ray dans LA FUREUR DE VIVRE, réalisé en 1955, flamboyant récit d’apprentissage d’un adolescent en perte de repère. Offrant son deuxième grand rôle à James Dean, après A L’EST D’EDEN et avant GÉANTLA FUREUR DE VIVRE est une œuvre romantique et parfois d’une grande poésie. Natalie Wood, Sal Mineo et Dennis Hopper font également partie de la distribution de ce film où des jeunes défient parfois la mort par peur d’affronter leur vie. La réussite plastique de LA FUREUR DE VIVRE contribue de façon indéniable à le rendre intemporel.