film du mois_Mai24

BILAN | Les meilleurs films de mai 2024

CHAQUE MOIS, LES MEMBRES DE LA RÉDACTION VOUS PROPOSENT LEUR FILM PRÉFÉRÉ LORS DU BILAN DU MOIS, CELUI QU’IL FALLAIT DÉCOUVRIR À TOUT PRIX EN SALLE OU DANS VOTRE SALON (SORTIES SVOD, E-CINEMA…). DÉCOUVREZ CI-DESSOUS LES CHOIX DE CHAQUE RÉDACTEUR DE LE BLEU DU MIROIR POUR LE MOIS DEMAI 2024.

Le choix de Florent Boutet

Foudre

FOUDRE de Carmen Jaquier

Il aura fallu s’armer de patience pour voir arriver le premier long métrage de la suisse Carmen Jaquier dans les sorties hebdomadaires françaises. Fiction sensible et brutale à la fois, Foudre raconte le parcours d’une jeune femme qui découvre un lourd secret familial, introduisant un univers où la condition féminine est empêchée jusqu’à la plus grande violence, confinant à la mort. Poétique et profond, le film nous fait découvrir une nouvelle autrice, qui a déjà un autre film prévu pour les mois à venir, mais aussi Lilith Grasmug, jeune actrice talentueuse que l’on pourra découvrir dans Langue étrangère, le nouveau film de Claire Burger qui devrait arriver sur nos écrans dans le courant de l’année.

Le choix de François-Xavier Thuaud

RAPTURE de Dominic Sagma

Une série d’événements inquiétants met en émoi un village du Meghalaya au nord-est de l’Inde. Dominic Sangma explore ses souvenirs d’enfance pour livrer cette chronique intemporelle où les croyances s’emmêlent au sein de la communauté Garo soudain prise de panique. Sur un terreau ethnographique, le cinéaste compose un récit ou le rêve et le fantastique viennent peu à peu supplanter une réalité trop embarrassante. C’est à travers le regard du jeune Kasan, tantôt aveugle, tantôt soumis aux turpitudes des adultes que le spectateur est invité à apprivoiser l’obscurité. Entre le présage d’une ténébreuse (et lucrative) apocalypse et la violence sèche, Rapture trouve sa splendide humanité en confrontant le désordre des âmes et l’harmonie des éléments. Un des plus beaux films de ce premier semestre.

Le choix d’Adrien Roche

furiosa

FURIOSA de George Miller

« Il n’y a pas d’espoir », adresse l’antagoniste Dementus (meilleur rôle de Chris Hemsworth) à Furiosa et Jack, au milieu de la Désolation. Comme un reflet des fans de la saga, affolés par la première bande-annonce du film aux effets visuels prononcés. Parce qu’en 2024, après une grosse décennie de blockbusters aseptisés aux effets spéciaux invisibles, Furiosa est une anomalie. Miller délaissent les dialogues, qui de toute façon tombent inévitablement dans l’oubli. Les actes, eux, restent. C’est pourquoi le cinéaste laisse parler les images, assumant pleinement la CGI utilisée pour ses scènes d’action hallucinantes. Le cinéaste livre un conte, un récit homérique, la construction d’un mythe basé sur les dires d’un « History Man ». Mais pour citer la série Arcane : qu’est-ce que la vérité, si ce n’est l’histoire d’un survivant ? Dans Furiosa, Miller a raison de ne pas cacher les effets spéciaux de ses cascades invraisemblables. À quoi bon ? Ces images déformées ne sont-elles pas que les souvenirs d’un vieillard aux portes de la mort, dernier détenteur de la vérité d’une légende qui le dépasse ? Cette esthétique numérique s’inscrit dans la continuité du conte, George Miller fait un bien fou aux blockbusters hollywoodiens. « As-tu le pouvoir de devenir un mythe ? », questionne Dementus à la fin du film. Furiosa n’en doute pas, et Miller non plus : ce nouvel opus de la saga Mad Max est bien un chef-d’œuvre.




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