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LOST IN TRANSLATION, ÉTRANGERS FAMILIERS

Lost in Translation, en 2003, a confirmé les talents de cinéaste de Sofia Coppola, bien au-delà de son statut de “fille de”. Ses intuitions esthétiques se doublent d’un sens de la direction plus affirmé, en témoignent les performances inspirées de Bill Murray et d’une jeune Scarlett Johansson. Plusieurs décennies après la sortie du film, celui-ci n’a rien perdu de sa force d’attraction, de sa désarmante sincérité et de sa subtile puissance. Bob et Charlotte sont devenus un couple de cinéma culte, cher aux yeux et aux cœurs des spectateurs.

En se basant sur un scénario original fait d’émotions diffuses, nourri par son expérience personnelle, Coppola filme la rencontre imprévisible mais salvatrice de deux égarés, dans un Japon à la fois accueillant et intimidant. Et fait entendre la petite musique mélancolique qui accompagne ce couple de solitaires dans leur éphémère échappée.

Ce livre revient sur le processus à l’origine du film, ses thématiques ou encore son rapport à la culture japonaise et à la topographie tokyoïte. Il propose également un entretien avec le responsable de l’incontournable bande originale du film, Brian Reitzell. 

CRITIQUE DU LIVRE 

Après le succès de sa sublime adaptation du roman de Jeffrey Eugenides, Virgin Suicides, Sofia Coppola a entrepris un projet plus intime, avec l’écriture d’un scénario original. Lost in translation, c’est l’histoire de Charlotte et de Bob, mais c’est aussi des fragments de l’histoire de Sofia Coppola en tant que cinéaste et que femme. C’est l’histoire de deux étrangers qui se lient au premier regard, dans une ville dont ils subissent le rythme, saisis par leur propre torpeur. C’est aussi l’histoire de tous ceux qui cherchent leur place dans ce monde, se sentant étrangers à leur propre vie. 

À l’occasion du vingtième anniversaire de la sortie de Lost in translation, le journaliste Antoine Oury nous propose Lost in translation, étrangers familiers, le premier livre en français entièrement consacré au film. Comme l’évoque son titre, le livre met en lumière le jeu de contrastes qui émane du film, entre confusion, repères, douceur et mélancolie. 

L’auteur analyse le film en lui-même, le scénario, les couleurs ou encore le jeu des acteurs, mais il s’intéresse aussi et surtout au processus de création. Premier scénario original de Sofia Coppola, Lost in translation est né autant d’une volonté intime que d’une intention artistique. Entre citations extraites d’interviews et anecdotes de tournage, Antoine Oury revient sur plusieurs éléments de la vie et du travail de la cinéaste, liés à la genèse de l’œuvre. 

Lost in translation, étrangers familiers, est aussi une véritable immersion dans l’univers du film, puisqu’il propose de décrypter le parcours des personnages dans Tokyo, mais aussi de s’intéresser au rôle du territoire japonais dans la création du film. Le livre est notamment riche d’anecdotes de tournage qui approfondissent notre compréhension du regard que porte Sofia Coppola sur la ville et sa population. 

Enfin, Antoine Oury nous donne à lire un entretien avec Brian Reitzell, le compositeur responsable de la bande originale du film, qui a également travaillé avec Sofia Coppola pour Virgin Suicides, Marie-Antoinette et The Bling Ring. La cinéaste étant particulièrement attachée à la musique, qui arrive d’ailleurs souvent très tôt dans le processus de création de ses films, il est très intéressant d’en apprendre davantage sur cet aspect. 

Lost in translation, étrangers familiers est un ouvrage riche et concis qui permettra aux passionnés du cinéma de Sofia Coppola de replonger dans l’univers de l’un de ses plus beaux films et aux amateurs de voyage de découvrir un territoire de cinéma à travers un prisme culturel et artistique.  


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Lost in translation, étrangers familiers de Antoine Oury est publié aux éditions LettMotif.