SÉLECTION | Les films à voir en février 2026 sur Ciné+ et OCS
Chaque mois, en parallèle de notre agenda ciné, la rédaction vous propose une sélection de films à voir ou revoir sur les chaînes de Ciné+/OCS, Canal+ Grand Ecran et sur MyCanal. Films inédits sur petit écran, rediffusions, films de patrimoine et rétrospectives, voici notre shortlist du mois de février 2026.
L’histoire de Souleymane

« Je n’avais pas calculé sa résonance politique. Mais c’est comme ça que je le porterai. » Lors de la sortie du film, Boris Lojkine a avoué avec amertume être dépassé par l’actualité politique. Difficile, en effet, d’interpréter autrement le message du film. Et plus que ça : il est nécessaire de faire de L’histoire de Souleymane un objet de lutte contre la montée du Rassemblement National en France. Souleymane incarne ceux que la société renie, alors même qu’elle profite de leur vulnérabilité pour les exploiter. – AdR
Trois amies

Avec Trois amies, Emmanuel Mouret poursuit, avec une élégance sereine, l’exploration des territoires amoureux qu’il arpente depuis plus de vingt ans. Son dernier film en date s’inscrit comme un aboutissement discret de cette trajectoire. À Lyon, Joan, Alice et Rebecca voient leurs certitudes amoureuses vaciller, au fil de ruptures, de liaisons cachées et de révélations tardives. Rien de spectaculaire dans ces situations en apparence banales, mais tout se joue dans l’art de la variation : Mouret superpose les points de vue, déplace les certitudes, et fait de chaque choix un nouvel embranchement possible. La délicatesse de son cinéma tient à cette conviction jamais démentie : en amour, personne n’a raison ni tort, il y a seulement des désirs qui évoluent. – SN
Anora

Trois ans après le décevant Red Rocket, Sean Baker retrouve une protagoniste féminine avec Ani, la Anora du titre, incarnée par une Mikey Madison transcendante, dont la prestation a été saluée mondialement et lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice. Anora, c’est le portrait d’une combattante, face à une ribambelle de personnages masculins que l’on pourra aisément qualifier d’idiots, irritants et risibles, à l’exception d’Igor, un des hommes de main du patriarche dont la personnalité disparait derrière le chaos, avant de jaillir dans le dernier segment du film. – SN
À feu doux

À feu doux prend le temps, laisse l’espace respirer, et c’est dans ce calme-là qu’il touche le plus, cherchant à approcher quelque chose de fragile et indicible. Dans un paysage cinématographique parfois tenté par le pathos ou la démonstration, le film de Sarah Friedland trace un sillon modeste mais touchant, traversé par une réelle sensibilité de regard, qui annonce une cinéaste à suivre avec attention. – SN
Flow

Dans Flow, récompensé de l’Oscar du meilleur film d’animation, un chat noir s’allie avec des animaux pour s’adapter à la montée des eaux. Le cinéaste facilite l’identification à ces animaux pour le spectateur, mais prend soin de ne pas les humaniser. Cette arche de Noé improvisée fait partie d’un cycle éternel de vie et de mort, sur lequel Gints Zilbalodis met le doigt sans fatalisme. Récit d’apprentissage et existentialisme se confondent, alors que le matou noir observe de nouveau son reflet dans une mare d’eau, cette fois-ci bien entouré pour entamer cette nouvelle ère. – AdR
Et du côté des classiques ?
LE SOLDAT BLEU
Réalisé par Ralph Nelson en 1970, c’est-à-dire en pleine guerre du Vietnam, Soldat Bleu revient sur le massacre de Sand Creek, orchestré par l’armée américaine sur des populations cheyennes en 1864, massacre tristement célèbre pour les exactions, viols et tortures que les militaires infligèrent aux natifs. Interprété par Candice Bergen, Peter Strauss et Donald Pleasence et porté par la célèbre chanson de Buffy Sainte-Marie, Soldat bleu reste plus de cinquante ans après sa sortie une œuvre puissante et engagée aux accents universels et compte parmi les grandes réussites de Ralph Nelson,, metteur-en-scène très engagé dans la lute pour les droits civiques.
GUET APENS
Adaptation du roman de Jim Thompson « Le Lien conjugal », Guet-apens appartient aux grandes heures du cinéma d’action et prend place dans la filmographie de Sam Peckinpah entre Junior Bonner, le dernier bagarreur et Pat Garrett et Billy The Kid. Contraint de réaliser un braquage juste après sa libération de prison, en contrepartie de celle-ci, Don McCoy – joué par Steve McQueen – se rend vite compte qu’il s’agit très certainement d’un marché de dupes et qu’il ne peut plus compter que sur lui-même. Fusillades et scènes d’action spectaculaires parsèment ce classique du film noir qui comprend aussi dans sa distribution Ali McGraw, Ben Johnson et Bo Hopkins. Le scénario est signé par le futur réalisateur Walter Hill et la bande originale par Quincy Jones.
SUEURS FROIDES
Avec Sueurs froides, ou Vertigo pour le titre original, Alfred Hitchcock adaptait en 1958 un roman français de Boileau-Narcejac, « D’entre les morts ». James Stewart y campe Scottie, un ancien officier de police atteint d’acrophobie et ayant quitté son métier après des événements tragiques qui ont entraîné chez lui une profonde culpabilité. Un de ses amis lui demande de suivre une jeune femme – Kim Novak – qui semble psychologiquement perturbée. Très vite fasciné par cette femme, Scottie se trouve mêlé à une histoire étrange. Thriller psychologique flirtant avec le surnaturel, Vertigo constitue un des sommets du suspense hitchcockien et une formidable histoire de passion amoureuse.
UN DIMANCHE À LA CAMPAGNE
Récompensé par le Prix de la mise-en-scène au Festival de Cannes en 1984, Un dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier déroule une réunion de famille à priori banale chez un vieux peintre qui accueille chaque semaine son fils, personnage conformiste et terne, accompagné de sa femme et des ses trois enfants. Mais ce dimanche, arrive également la fille du peintre, Irène, femme engagée, féministe et pleine de vie. Nous sommes alors en 1912 et cette réunion paisible pourrait bien générer quelques imprévus, voire même des tensions familiales. Louis Ducreux, Sabine Azéma et Michel Aumont servent à merveille ce film teinté de mélancolie et de tendresse, adapté du roman de Pierre Bost, « Monsieur Ladmiral va bientôt mourir ».
LA VIE DEVANT SOI
La Vie devant soi adapte le fameux roman de Romain Gary qui permit à son auteur, sous le pseudonyme d’Emile Ajar, de remporter pour une seconde fois le Prix Goncourt, ce qui est théoriquement impossible. Madame Rosa, ancienne prostituée juive, élève dans un coin de Belleville des enfants d’autres prostituées. Elle s’occupe d’enfants noirs, arabes et juifs. Parmi eux, il y a Momo, jeune garçon algérien avec qui elle lie une relation forte. Madame Rosa a connu la déportation à Auschwitz et connaît les traumatismes de son passé et les angoisses de la mort qui rôde. Simone Signoret remporta en 1978 le César de la meilleure actrice, tandis que le film remporta l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Très beau film brassant de nombreux thèmes, notamment l’exclusion, la solitude et la vieillesse, La Vie devant soi conserve intacte toute son émotion et sa force.






