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SI VERSAILLES M’ÉTAIT CONTÉ

L’histoire du château de Versailles vue par Sacha Guitry.

CRITIQUE DU FILM

D’une première scène présentant Henri IV et son fils découvrant Versailles avant la construction du château, jusqu’au XXe siècle, en passant par Louis XIV puis la Révolution française, Si Versailles m’était conté, réalisé en 1953 parallèlement à une recherche de fonds pour réhabiliter le célèbre et prestigieux édifice, déploie sur deux heures quarante-cinq un récit mêlant petite et grande Histoire.

Ce long-métrage, le premier en couleurs pour Guitry, n’a nullement la prétention d’être totalement authentique dans ses détails ou ses anecdotes. Sacha Guitry prend certaines libertés avec la vérité historique, mais reste fidèle à la légende et à une certaine tradition. Le célèbre dramaturge et cinéaste s’offre même le luxe d’être à la fois le narrateur du film et l’interprète de Louis XIV adulte. Malgré un délai de tournage assez serré — pas plus de trois mois —, Guitry parvient à réaliser un film à grand spectacle, dans lequel la force de brillants dialogues s’ajoute à de fastueuses scènes historiques.

Film-fleuve, fresque historique aux images somptueuses, aux couleurs chatoyantes et aux décors superbes, Si Versailles m’était conté ne se résume pas à un magnifique livre d’images. Il représente en quelque sorte la quintessence d’un certain esprit français : élégance, humour, culture et dialogues étincelants, dont Sacha Guitry avait le secret.

Si versailles m'était conté

La distribution est particulièrement prestigieuse, avec un nombre impressionnant d’interprètes représentant la fine fleur du cinéma français de l’époque — Gérard Philipe, Micheline Presle, Louis Seigner, Danielle Delorme, Jean Marais, Gaby Morlay — quelques noms seulement parmi plus d’une centaine de vedettes.

Si le film de Sacha Guitry fut parfois fraîchement accueilli par la critique, voire éreinté, il n’en reste pas moins qu’il constitua le plus grand succès public de son réalisateur, avec près de sept millions d’entrées. Une belle revanche pour lui face à ceux qui l’avaient accusé d’avoir collaboré avec les Allemands durant l’Occupation. Premier film à gros budget et à grand spectacle, Si Versailles m’était conté permettait à Sacha Guitry de se renouveler dans la forme tout en restant fidèle, sur le fond, à son esprit caustique et brillant. Il récidivera dans le même genre avec ses deux longs-métrages suivants : Napoléon et Si Paris nous était conté.


Disponible en combo 4K Ultra HD + Blu-ray, édité par Rimini. La restauration 4K s’avère tout simplement impressionnante, tandis que les nombreux suppléments inclus sur un troisième disque — un Blu-ray bonus — rivalisent d’anecdotes, d’informations précieuses et de documents rares.

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