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SÉLECTION | Les films à voir en mars 2026 sur Ciné+ et OCS

Chaque mois, en parallèle de notre agenda ciné, la rédaction vous propose une sélection de films à voir ou revoir sur les chaînes de Ciné+ OCSC+ Grand Ecran et sur MyCanal. Films inédits sur petit écran, rediffusions, films de patrimoine et rétrospectives, voici notre shortlist du mois de mars 2026.

Lee Miller

Kate Winslet portait depuis longtemps le projet de faire revivre à l’écran la figure fascinante de Lee Miller, modèle devenue photographe de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale. Avec ce film dont elle a confié la mise en scène à Ellen Kuras, elle rend hommage à une femme qui refusa d’être seulement regardée pour devenir celle qui regarde — et qui documente l’Histoire. On y suit le parcours de cette artiste intrépide, passée des studios de mode aux champs de ruines de l’Europe libérée, appareil photo à la main. On sent à quel point Kate Winslet s’est investie dans ce portrait d’une femme libre et obstinée, longtemps restée dans l’ombre malgré l’importance de son travail. Sans prétendre tout raconter de cette vie hors norme, le film a le mérite de rappeler combien le regard des reporters de guerre sur les conflits, les corps et la violence restent essentiels — et méritent encore d’être (re)découverts aujourd’hui. – TP

Vampire humaniste cherche suicidaire consentant

Les femmes au balcon

Noémie Merlant met en scène un trio joyeux et soudé, loin des clichés habituels, dont la sensualité émerge à travers leurs échanges, leurs gestes simples, les compliments qu’elles s’offrent, et mais aussi de la sincérité de leurs interactions. Leur relation n’est pas définie par les tragédies qu’elles traversent, mais par la manière dont elles s’aident à se relever, sans jugement, et avec un profond respect pour leurs différences. Un récit intime de l’amitié féminine comme il est encore trop peu représenté à l’écran. À aucun moment le film ne s’excuse d’exister et c’est aussi pour ça qu’on en ressort le sourire aux lèvres, avec cette impression d’avoir vécu une expérience plus qu’un simple visionnage. – MM

Nino

Le vendredi de ses 29 ans, Nino apprend qu’il a un cancer et qu’il doit démarrer une chimiothérapie 3 jours plus tard. Le sujet est dur mais la façon dont Pauline Loquès l’aborde ne l’est pas. Au grès de rencontres le temps d’un week-end, avec un subtil mélange d’humour et d’émotion teinté de poésie, elle filme le basculement d’une vie, de la sidération à l’acceptation, chez un jeune homme encore dans l’insouciance de la vingtaine. Porté par la révélation Théodore Pellerin (César du meilleur espoir masclun), bien épaulé par un très beau casting de seconds rôles, la cinéaste (elle aussi césarisée) signe un des films les plus beaux et touchants de 2025. – FG

En fanfare

Comédie dramatique au capital sympathie indéniable grâce à son tandem de comédiens (Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin) et son potentiel rassembleur (en témoigne le superbe succès public lors de sa sortie en salle), En fanfare possède tous les ingrédients d’une comédie populaire dans le sens le plus noble : la tendresse, la drôlerie et le rythme. Sur fond de complexe de classes, de fratrie recomposée et de solidarité ouvrière, le film d’Emmanuel Courcol évite même de nombreux écueils, dont celui de la moralisation et du happy-end illusoire, et n’a pas besoin de verser dans le grotesque pour emporter la mise. – TP


Et du côté des classiques ?


Le Récidiviste

Réalisé en 1977 par Ulu Grosbard, dont c’était le troisième film, Le Récidiviste est l’adaptation du magistral roman noir « Aucune bête aussi féroce » d’Edward Bunker, ancien spécialiste du vol à main armée qui a passé des années en prison et qui fit aussi l’acteur – Mr Blue dans Reservoir dogs, c’est lui. Dustin Hoffman y joue le rôle de l’écrivain. Max Dembo – c’est son nom dans le film – est en liberté conditionnelle et ne demande qu’à se réinsérer. Mais le policier chargé de le surveiller – M. Emmet Walsh – le harcèle et le pousse à la récidive.Avec cette histoire de retour impossible sur le,chemin de la liberté et de l’honnêteté, le futur réalisateur de Sanglantes confessions et de Falling in love signait un long-métrage âpre et désabusé. Dustin Hoffman, entouré également de Theresa Russell et d’Harry Dean Stanton, trouvait là un rôle à la mesure de son talent. – EF

Moby Dick

Adaptation du roman fleuve d’Herman Melville que  John Huston réalisa en 1956, Moby Dick fait partie de ces films d’aventure spectaculaires, dont l’action se teinte d’une exploration d’une psyché contrariée. Le capitaine Achab- Gregory Peck – a eu une jambe arrachée par un cacahalot blanc. Devenu monomaniaque, ce marin n’a plus qu’une seule obsession : retrouver le cétacé et le tuer, quitte à faire courir à l’équipage de son navire les pires dangers. Épopée maritime autant que immersion dans la folie vengeresse d’un homme, Moby Dick prend également à plusieurs reprises des accents fantastiques, surnaturels. – EF

Coup de torchon 

Avec Coup de torchonBertrand Tavernier transposait dans l’Afrique coloniale des années 1930, un roman noir de Jim Thompson – « 1275 âmes ». On y fait la connaissance de Lucien Cordier – Philippe Noiret – policier veule et faible, risée des malfrats, mais qui va se rebeller, quitte à tomber dans des excès de violence peu compatibles avec sa fonction. Ce film réalisé en 1981, d’une grande noirceur, mais aussi d’une grande drôlerie,grâce à ses dialogues étincelants et à son casting cinq étoiles – Jean-Pierre Marielle, Stéphane Audran,Isabelle Huppert, Eddy Mitchell, Guy Marchand – bénéficie également d’une  très belle équipe technique : photographie de Pierre-William Glenn, décors d’Alexandre Trauner et musique de Philippe Sarde. Il s’agit d’une œuvre jouissive, mais aussi grinçante et dérangeante. – EF

Les Sept samouraïs

Un village de paysans, dans le Japon du XVIème siècle, est régulièrement harcelé et rançonné par des bandits sans pitié. Les paysans décident alors de faire appel à un groupe de samouraïs pour les défendre. Réalisé en 1954, Les Sept samouraïs appartient probablement aux films les plus célèbres d’Akira Kurosawa. Qu’on l’ait vu ou pas, on le connaît pour son remake façon western, réalisé par John Sturges, ou de réputation. D’une durée de plus de trois heures vingt dans sa version intégrale, ce classique parmi les classiques, régulièrement cité comme l’un des films les plus marquants de l’histoire du cinéma déroule une histoire d’héroïsme et de solidarité à la fois spectaculaire et intimiste. Très novateur techniquement – Akira Kurosawa tourna les scènes de combat avec trois caméras pour conserver toute la cohérence de ceux-ci -, plastiquement superbe et charriant un esprit humaniste et courageux, Les Sept samouraïs repose sur une mise-en-scène prodigieuse et une distribution au diapason, avec en tête  Takashi Shimura et Toshiro Mifune. – EF

L’Horloger de Saint-Paul

Après avoir été longtemps assistant-réalisateur, attaché de presse et critique de cinéma, Bertrand Tavernier réalise son premier long-métrage en 1974 avec L’Horloger de Saint-Paul, adaptation d’un roman de Georges Simenon. Cette histoire située à Lyon met en scène un homme – joué par Philippe Noiret – dont le fils est poursuivi pour le meurtre d’un vigile. Découvrant qu’il sait finalement peu de choses de la vie de son fils, Michel Descombes culpabilise et cherche à mieux comprendre les origines de cette tragédie. Avec ce drame intimiste autant que film politique qu’est L’Horloger de Saint-Paul , Bertrand Taverniertransformait un coup d’essai en très belle réussite cinématographique, récompensée par un succès public et un accueil critique enthousiaste. Philippe Noiret y livrait une très belle composition, entouré de Jean Rochefort et de ce magnifique acteur, trop méconnu qu’était Jacques Denis. – EF