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DIDIER

Ce n’est vraiment pas le moment pour Jean-Pierre, agent sportif, de garder le labrador d’une amie pendant une semaine alors qu’il est empêtré dans de sombres affaires. Et pourtant, cette corvée va l’entraîner dans la plus hallucinante des aventures, où son pire cauchemar risque bien d’être la chance de sa vie.

Critique du film

Sorti en 1997, Didier marquait les débuts de réalisateur d’Alain Chabat, qui avait jusque là été un des piliers de Canal + avec Les Nuls, partant de l’idée totalement farfelue d’un homme qui se transforme en chien – sans qu’aucune explication ne soit donnée, même fantaisiste. Cette première réalisation allait connaître un grand succès en salle il y a (déjà) un quart de siècle avant de récolter le César du meilleur premier film et de faire les beaux jours de la télévision lors de ses multiples rediffusions. 

Cette absence d’explication plausible à la métamorphose subite du chien Didier et le jeu absolument non réaliste d’Alain Chabat qui interprète ce chien devenu homme n’enlèvent aucunement le plaisir que l’on prend devant ce film joyeusement foutraque, qui aurait pu frôler l’amateurisme par son scénario, mais qui réussit la gageure de nous faire rire tout en oubliant toute vraisemblance. On accepte très vite les situations outrancières et l’humour si particulier cher à Alain Chabat. Grâce à l’interprétation offerte par le choix très soigneux des comédiens, des premiers rôles (Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat, Caroline Cellier, Isabelle Gélinas) aux apparitions amicales (Dominique Farrugia, Josiane Balasko) en passant par Jean-Marie Frin et Michel Bompoli en dirigeants mafieux d’une équipe de foot. Et on y croise aussi Michel Hazanavicius, Chantal Lauby, Zinédine Soualem et Lionel Abelanski, tous excellents dans leurs rôles. 

On ne sent pas le cul des gens !

La transformation de Didier en homme au comportement resté animal donne lieu, bien sûr, à du comique de situation, mais pas uniquement. Il est beaucoup question de football, de ses magouilles et de tout ce qui l’entoure, pour le meilleur ou pour le pire : les hooligans skins qu’on verra traverser le film à plusieurs reprises, l’aspect purement mercantile avec lequel le sport est parfois considéré. 

À côté d’Alain Chabat, qui ne cherchait jamais à faire de son Didier un chien parfaitement crédible, mais qui préfère jouer la carte de l’absurde et d’une certaine candeur, Jean-Pierre Bacri offrait comme à son habitude une prestation à la fois drôle, tendre et bougonne. Dans ce rôle d’agent sportif qui voit en Didier l’opportunité de se sortir de ses démêlés, l’acteur prouvait que ce type de films, décalés et fantaisistes, lui allait à merveille. Si le point de départ peut paraître très ténu, le développement du film, qui évoque aussi bien les rapports hommes femmes ou le monde du football, l’esprit bon enfant et un grand professionnalisme dans la réalisation contribuaient à faire de ce premier essai une franche réussite qui n’a pas vieilli.


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Bénéficiant d’une restauration 4K, le film ressort en vidéo en combo Blu-Ray-DVD, édité par Pathé et distribué par ESC Distribution, avec en suppléments le Making-Woof  et un commentaire audio de Alain Chabat et Jean-Pierre Bacri.