DANGER, DIABOLIK
Le super bandit Diabolik, assisté de sa fiancée Eva Kant, nargue la police et le syndicat du crime.
Critique du film
Tourné en 1967 par Mario Bava, entre L’Espion qui venait du surgelé, comédie d’espionnage, et L’Île de l’épouvante, giallo librement adapté d’un roman d’Agatha Christie, Danger, Diabolik s’inspire de la série de fumetti neri — bandes dessinées italiennes dont le personnage principal n’est pas un héros positif — mettant en scène Diabolik, figure très proche du Fantômas incarné par Jean Marais au cinéma. Diabolik est un malfaiteur séduisant et téméraire, auteur de cambriolages et de braquages audacieux, parfois insensés, ridiculisant la police et s’opposant au milieu criminel. Il agit avec la complicité de sa compagne, Eva Kant. Le couple envisage notamment de faire main basse sur un inestimable collier d’émeraudes.
Réalisé sous l’impulsion du mythique producteur Dino De Laurentiis, à la même période qu’une autre adaptation de bande dessinée célèbre, Barbarella de Roger Vadim, Danger, Diabolik partage avec ce dernier plusieurs points communs. Les deux œuvres ont été produites par De Laurentiis — qui avait notamment collaboré avec Federico Fellini, Luigi Zampa ou Alberto Lattuada, avant de poursuivre sa carrière aux États-Unis et de permettre la genèse de films aussi illustres que Serpico, Les Trois jours du Condor, King Kong (version 1976), Dead Zone ou Dune de David Lynch. On y retrouve également John Phillip Law, et surtout, ces deux films s’imposent comme de véritables pastilles psychédéliques d’une époque charnière : la fin des années 1960. Danger, Diabolik, tout comme Barbarella, peut apparaître à certains comme un film affreusement kitsch, voire un nanar. À d’autres, ces œuvres se révèlent au contraire comme de belles réussites : des divertissements assumant pleinement leur second degré, leur absence de vraisemblance ou de profondeur psychologique, tout en bénéficiant d’une esthétique particulièrement travaillée.

Le style de Mario Bava est immédiatement reconnaissable dans Danger, Diabolik : angles de vue audacieux, choix de couleurs très intenses, décors gothiques et spectaculaires. Certaines scènes sont mémorables, comme l’ascension du château par Diabolik pour dérober le collier. L’aspect expressionniste, cher au réalisateur, est omniprésent. John Phillip Law incarne Diabolik, tandis que l’Autrichienne Marisa Mell interprète Eva Kant, sa complice et compagne. Le film réunit également Michel Piccoli dans le rôle de l’inspecteur Ginko et Adolfo Celi en chef mafieux. La partition très variée d’Ennio Morricone accompagne parfaitement l’intrigue et le style du film, tandis que la photographie, cosignée par Antonio Rinaldi et Mario Bava, accentue l’aspect presque surnaturel de certaines situations.
Longtemps méprisé par une partie de la critique de son vivant, Mario Bava a depuis été largement réhabilité. Nombre de ses films jouissent aujourd’hui d’une reconnaissance pleinement méritée, et Danger, Diabolik figure assurément parmi les grandes réussites du maître.






