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VITA & VIRGINIA

La fiche

Réalisé par Chanya Button – Avec Gemma Arterton, Elizabeth Debicki, Isabella Rossellini – Biopic, Drame, Romance –  Grande-Bretagne – 10 juillet 2019 – 1h50

Virginia Woolf et Vita Sackville-West se rencontrent en 1922. La première est une femme de lettres révolutionnaire, la deuxième une aristocrate mondaine. Quand leurs chemins se croisent, l’irrésistible Vita jette son dévolu sur la brillante et fragile Virginia. Commence une relation passionnelle qui fait fi des conventions sociales et de leurs mariages respectifs. La fascination que Virginia ressent pour Vita, l’abîme entre sa vie d’artiste et le faste de l’excentrique aristocrate donneront naissance à Orlando, une de ses œuvres maîtresses, bouleversante réflexion sur le genre et sur l’art.

La critique du film

S’inspirant des lettres des romancières Vita Sackville-West et Virginia Woolf, l’auteure Eileen Atkins, écrit une pièce Vita & Virginia, puis convainc Gemma Arterton de rejoindre le projet d’adaptation cinématographique, l’imaginant comme le choix idéal pour incarner Vita Sackville-West. Chargé par les deux femmes de mettre en scène le film, Chanya Button opte pour un ton contemporain, musique moderne à l’appui, pour orner son récit d’une relation entre deux pionnières de l’époque victorienne. Malheureusement, en instillant cette fraîcheur, la cinéaste créé un décalage qui condamne le film à une esthétique publicitaire assez superficiel et visuellement peu inspiré avec ses hallucinations florales et sa direction artistique digne d’un téléfilm chic.

S’il s’efforce de rendre justice au côté cérébral de ces deux figures de la littérature, il parait plus à la peine dans son versant émotionnel. Pire, Gemma Arterton, d’ordinaire si juste, parait en faire des tonnes jusqu’à en devenir agaçante au lieu de susciter le mystère et la fascination dans la peau de l’indomptable Vita. Elizabeth Debicki porte, elle, une Virginia Woolf spectrale et sensible bien plus convaincante, alors que la prestation oscarisée de Nicole Kidman pouvait faire figure d’écrasante référence.

Ainsi, malgré le déluge d’idées et de mots, on peine à croire en leur amour qui se développe à l’écran tant les rebondissements émotionnels arrivent soudainement ou maladroitement, le film passant d’un stade à l’autre de leur relation avec cet étrange impression de détachement.



La bande-annonce

Au cinéma le 10 juillet