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ON MENT TOUJOURS À CEUX QU’ON AIME

La fiche
On ment toujours affiche

Réalisé par Sandrine Dumas – Avec Monia Chokri, Jérémie Elkaïm, Marthe Keller, Fionnula Flanagan…
France Comédie dramatique – Sortie : 6 mars 2019 – Durée : 90 min

Synopsis : Après avoir sabordé sa carrière de chanteuse, Jewell Stone vit à Paris d’un boulot de serveuse. Marie, sa grand-mère et unique famille, qui vit dans le Vermont, USA, débarque du jour au lendemain pour la voir. Mais comment l’accueillir quand Jewell lui raconte depuis si longtemps des bobards sur sa vie, son travail et ses amours ? D’une lettre à l’autre, elle s’est inventée une carrière qui marche, une vie avec Paul, et même une fille, Ruby. Mais comme dit un proverbe italien, le mensonge a les jambes courtes ! 

La critique du film

Jamais le mensonge n’aura émané autant de tendresse. Pour son deuxième long-métrage, après une carrière d’actrice bien étoffée dans le cinéma d’auteur, de Beyond Therapy à Terre brûlée jusqu’au Beau soleil intérieur de Claire Denis plus récemment, Sandrine Dumas réalise peut-être un rêve. Celui, d’abord, de rassembler des acteurs qui lui sont chers, dont l’incroyablement punk Monia Chokri – révélée dans Les amours imaginaires de Xavier Dolan – qui sortira d’ailleurs son premier film derrière la caméra cette année. À ses côtés, le très bon Jérémie Elkaïm, force tranquille du film à la voix d’une douceur toujours frappante. Reste un dernier duo d’actrices, impériales : les géniales Marthe Keller et Fionnula Flanagan, en maman et grand-mère, en sâges.

On ment toujours à ceux qu’on aime démarre sur un constat peut-être désespéré : doit-on mentir à ses proches pour les protéger ? Pour se protéger ? En bâtissant une relation de mensonge avec son ex Paul (Elkaïm), la chanteuse déchue Jewell Stone (Chokri) fait croire à sa nanny (Flanagan), revenue des États-Unis et accompagnée de la mère de celui-ci (Keller), que la vie de couple est possible et que celle-ci lui a offert un enfant. S’engage, ce qu’on aime appeler « la descente aux Enfers » : lorsque les mensonges s’accumulent et se surpassent. Mais Sandrine Dumas, à l’aise, filme au scope ses personnages débrouillards et surtout écrits avec une certaine finesse.

Le grand air

Si le film commence dans la grisaille habituelle de Paris (les personnages sont séparés par les deux rives et finissent par se retrouver), Dumas propulse son casting en plein cœur des Pyrénées, là où les paysages permettent le champ des possibles. On ment toujours à ceux qu’on aime vire alors au road trip, qui aboutira dans un petit village familier pour certaines. Par delà les montagnes, la vérité finira par éclater… ou pas ? Sandrine Dumas n’a pas choisit de faire un film moraliste et ne fait pas non plus l’éloge du mensonge, qu’elle qualifie d’ailleurs comme « un acte de survie ». Dans la simplicité et l’honnêteté de ses images, on sait, au fond de nous, qu’elle a raison.



La bande-annonce