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MADS MIKKELSEN | Masterclass

À l’occasion de l’invitation lancée par le Festival Lumière, Mads Mikkelsen était à Lyon pour présenter plusieurs films et participer à une MasterClass dirigée par le journaliste Carlos Gomez. Morceaux choisis.

Visiblement gêné par l’appellation « MasterClass » (« J’ai tellement peu écouté à l’école que je serais incapable de donner un cours de quoi que ce soit ! »), Mads Mikkelsen est revenu, non sans sincérité et avec tout l’humour percutant qui le caractérise, sur sa carrière et notamment sur ses rôles de bad-guys à Hollywood : « J’ai joué beaucoup de méchants mais on m’a probablement donné ces rôles à cause de mon accent. »

Questionné ensuite sur ses débuts de comédiens, liés à Nicolas Winding Refn qui l’a fait tourné dans Bleeder (qui sortira pour la première fois en salle l’an prochain grâce à The Jokers), il raconte : « Quand j’ai passé les essais pour le film, Nicolas m’a dit « Je te trouve génial car tu parles si vite que je n’ai pas compris un traitre mot de ce que tu as dit ». J’ai alors compris qu’il était fou. Tout s’est bien passé ensuite grâce à Nicolas. On est devenu quelqu’un à deux. ». Le comédien retrouvera ensuite Refn pour la saga Pusher avant le très viscéral Valhalla Rising (2009) où il campera un guerrier mutique et borgne franchement mémorable. L’acteur se souvient : « Durant le tournage de Pusher, j’avais le crâne rasé et des faux tatouages partout sur les bras. Les autres parents changeaient de trottoir quand j’amenais ma fille au jardin d’enfants… Elle parlait à peine, et quand on lui demandait ce que faisait son père dans la vie, elle répondait que j’étais en prison ! ».

Si je vous dis quoi que ce soit sur Star Wars – Rogue One, je finis mort dans une rivière !

Le comédien impressionnera sous la direction de ses compatriotes : on le retrouve vibrant et déchirant chez Susanne Bier (Open Hearts, After The Wedding), brillant chez Thomas Vinterberg (avec un prix d’interprétation cannois à la clé pour La chasse), charimatique chez Nicolas Winding Refn (Pusher et Valhalla Rising donc) mais aussi très bon pour Nicolaj Arcel face à Alicia Vikander (Royal Affair) et bien sûr redoutablement corrosif chez le génial Anders Thomas Jensen (réjouissants Les bouchers verts et Adam’s Apple), qu’il a d’ailleurs retrouvé récemment pour Men & Chicken (sortie prévue en 2016 chez Urban distribution) et dont il nous parlait déjà l’an dernier lorsque nous l’avions rencontré. « Men & Chicken, c’est une comédie sur cinq frères qui ont tous un bec de lièvre et une sexualité peu commune… C’est un joli film. » déclare-t-il avec malice. Interrogé sur les rôles qu’il considérait comme les plus marquants de sa carrière, il répondra : « Ceux de La chasse et Pusher II, car ils m’ont poussé à me transcender. » 

Immense star dans son pays natal, le comédien s’est révélé internationalement face à Daniel Craig et Eva Green, dans ce qui ressemble pour beaucoup au meilleur James Bond de l’histoire, Casino Royale. « Quand j’ai passé les essais pourCasino Royale en 2005 je n’avais vu aucun des épisodes de la série. Alors j’ai menti au type du casting ! ». Depuis, il a littéralement explosé en incarnant avec une inquiétante élégance l’emblématique Hannibal pour la télévision. Celui qui confesse avoir comme modèles Bruce Lee et Buster Keaton sera bientôt à l’affiche de Rogue One, spin-off de la saga Star Wars qu’il devrait prochainement tourné sous la direction de Gareth Edwards (à qui l’on doit le probant Godzilla) : « Si je vous dis quoi que ce soit sur Star Wars – Rogue One, on va me retrouver mort dans une rivière ! Ou brûlé et crucifié… (Il rit) Je dois respecter le silence à ce sujet. Mais le tournage approche… »




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