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LIGHT OF MY LIFE

Depuis qu’une pandémie a rayé la population féminine de la carte, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

Critique du film

Le postulat de Light of My Life est suffisamment intrigant, bien que peu original dans le genre (entre La route, Leave no trace et Les fils de l’Homme) : un récit de survie après un événement apocalyptique, au lendemain d’une pandémie qui a ciblé – et presque anéanti – la population féminine. La jeune Rag, désormais pré-adolescente, est venue au monde juste au moment où la maladie touchait à sa fin. Le père et sa fille (affublée d’une coupe à la garçonne visant à masquer son genre) se voit contraints de fuir et de survivre dans ce nouvel environnement impitoyable, tout en gardant secret le sexe de Rag. Car si l’homme est un loup pour l’homme, il l’est d’autant pour la femme : peut-on accorder confiance aux hommes de ce monde ? On pensera forcément à ce message, inévitablement troublant alors que cette deuxième réalisation de Casey Affleck arrive après les accusations de harcèlement sexuel portées à son encontre.

Mais si l’on fait abstraction du comportement passé condamnable du frère de Ben Affleck, on pourra apprécier de retrouver le comédien à son meilleur dans la peau de ce père affublé d’une lourde responsabilité sur les épaules. Son intense (et légitime) anxiété quant à la sécurité de sa fille le conduit à ne pas se relâcher pour préserver ce qui peut encore l’être de l’enfance de sa fille, tout en lui inculquant assez fermement de nombreuses consignes de survie, en cas de fuite soudaine.

Face à lui, la jeune Anna Pniowsky marque les esprits dans la peau de Rag. Les deux acteurs portent pratiquement le film sur leurs épaules, dans un survival épuré, parfois contemplatif, qui sied parfaitement à ce récit intime et qui profite de la superbe photographie d’Adam Arkapaw et de la partition musicale obsédante d’un artiste qu’on n’en finit plus de chérir, Daniel Hart (A ghost story, Peter et Elliot le dragon…).

Un slow-burn qui pourra laisser quelques spectateurs sur le bord de la route mais qui séduira les amateurs de cinéma indépendant et de récits (familiaux) de survie, jusqu’à un dernier segment intense et dramatique du plus bel effet.

Bande-annonce

12 août 2020 – De et avec Casey Affleck, et Anna Pniowsky, Elisabeth Moss