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LOLO

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Mortifiante déception

En thalasso à Biarritz avec sa meilleure amie, Violette, quadra parisienne travaillant dans la mode, rencontre Jean-René, un modeste informaticien fraîchement divorcé. Après des années de solitude, elle se laisse séduire. Il la rejoint à Paris, tentant de s’adapter au microcosme parisien dans lequel elle évolue. Mais c’est sans compter sur la présence de Lolo, le fils chéri de Violette, prêt à tout pour détruire le couple naissant et conserver sa place de favori.

Lourdeur et déchéance.

Trois films pour convaincre, trois pour décevoir. Tel est probablement l’unique (et triste) constat qu’il convient de faire après avoir observé la déclinante filmographie de Julie Delpy en tant que cinéaste. Difficile, en effet, d’imaginer que Looking for Jimmy et Lolo – réalisés à treize ans d’intervalle – aient été créés par la même artiste tant l’un s’inscrit comme l’antithèse de l’autre. 

Loin du rafraîchissant Two Days in Paris ou de sa prometteuse incursion dans le drame macabre, La Comtesse, Lolo confirme, au contraire, le flagrant essoufflement scénaristique de Julie Delpy, déjà initié par Le Skylab, chronique nostalgique au récit paresseux, et surtout Two Days in New York, irritant décalque de sa version parisienne. Ici, plus aucune trace de l’actrice exigeante, vive et pleine d’esprit qui nous régalait souvent de son légendaire franc-parler. Dans cette sombre comédie de prime time aussi vulgaire qu’embarrassante, Julie Delpy outrepasse, cette fois, la ligne rouge, celle protégeant le cynisme du consensus, l’irrévérence de la trivialité.

Il y avait pourtant un sujet à traiter – celui des relations fusionnelles entre un parent et son enfant (parfois associé – ou non – à un complexe d’Oedipe) -, une thématique forte qui aurait pu donner lieu à des échanges hauts en couleur, riches en saillies humoristiques. Mais la réalisatrice n’en fait strictement rien, préférant (auto-)centrer son long-métrage autour de sa propre personne et de ses actuelles préoccupations existentielles.

N’ayant cure du point de départ choisi, Julie Delpy s’évertue surtout à montrer (et à prouver) la totale « décomplexion » de quadragénaires au langage fleuri en confondant spontanéité et médiocrité dans l’élaboration de ses dialogues. Pataugeant elle-même dans les abîmes du surjeu, elle y entraîne l’ensemble de ses comédiens (notamment une Karin Viard peu aidée par un personnage écrit à la serpe) à l’exception de Dany Boon qui apparaît – et c’est un comble – comme le plus sobre de la troupe (!).

Mortifiant ratage aux gags régressifs et éculés, Lolo ne se contente pas d’aligner cent clichés à la minute, d’être une romance à laquelle on ne croit pas un seul instant, un mauvais film sans l’ombre d’une idée de cinéma. Plus que cela, il affirme le naufrage artistique d’une actrice-réalisatrice ayant sacrifié l’originalité aux sirènes du calibrage et de la facilité. Quel gâchis.

La fiche

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LOLO
Réalisé par Julie Delpy
Avec Julie Delpy, Dany Boon, Vincent Lacoste, Karin Viard…
France – Comédie
Sortie : 28 Octobre 2015
Durée : 98 min




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Aline
Invité
Article qui résume avec les bons mots tout le négatif du film !