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BIRDMAN

7
Prenant

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…

Fais comme l’oiseau.

Après trois collaborations avec Guillermo Arriaga pour une mémorable trilogie de films choraux, Alejandro Gonzalez Inarritu n’avait pas particulièrement conquis avec son Biutiful excessivement pathos. Pour son cinquième long-métrage (et en attendant The Revenant avec Leonardo DiCaprio), le cinéaste mexicain revient en force avec un Birdman plutôt réjouissant, aux frontières du fantastique et de l’absurde. 

Réalisé comme un faux plan-séquence de deux heures, Birdman assume fougueusement ses partis-pris et nous embarque dans les méandres d’un grand théâtre de Broadway. Si les thématiques abordées ne sont pas forcément originales (crise de l’acteur has-been, quête de reconnaissance, conflits d’égo entre acteurs, poids écrasant de la critique presse et des réseaux sociaux…), son grain de folie permet à cette comédie satirique sur les affres de la célébrité de remporter le lot. 

Bien aidé par son fidèle chef-op, Emmanuel Lubezki, Inarritu filme avec fluidité et énergie ses protagonistes, des étroites coulisses aux planches de la scène. Mais ne vous y trompez pas, Birdman ne demeure toutefois pas en huis-clos, s’offrant quelques incartades réjouissantes sur les toits – où se réuniront à plusieurs reprises Edward Norton et Emma Stone, excellents, pour quelques scènes parmi les plus fortes du film. On pensera également aux envolées salvatrices de l’anti-héros incarné par un Michael Keaton idéal pour le rôle – pour sa présence comme pour sa très significative carrière – et à ses excursions dans les rues adjacentes, lui offrant d’ailleurs un face-à-face tendu avec une plume acerbe du NY Times. 

Truffé de références et de petits tacles faciles (mais amusants), Birdman trouve sa force dans ses comédiens – tous très bons – ses dialogues savoureux et son rythme urgent plus que dans son discours très auto-centré. En tête des nominations aux prochains Oscars, devant notre chouchou de la compétition, le cinquième long-métrage d’Inarritu s’affirme déjà comme l’une des oeuvres importantes de ce début d’année. Fébrile, captivant, meta et régulièrement déroutant, cet homme-oiseau ne fera pas l’unamité mais mérite assurément d’être découvert.

La fiche

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BIRDMAN
Réalisé par Alejandro González Iñárritu
Avec Michael Keaton, Zach Galifianakis, Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Andrea Riseborough…
Etats-Unis – Drame, Comédie satirique
Sortie en salle : 25 Février 2015
Durée : 119 min

Edit : Birdman est sorti grand vainqueur des Oscars avec quatre récompenses majeures : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleure photographie. 



Il y a 7 commentaires

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  1. mymp
    Surfait, lourd et laborieux. D’un ennui pesant. Le film doit beaucoup (doit tout) à Emmanuel Lubezki, décidément l’un des meilleurs chefs op de ses vingts dernières années.

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