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BAC NORD

En 2012, les quartiers Nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les flics adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu’au jour où le système judiciaire se retourne contre eux…

Critique du film

Adapté d’un fait divers local, Bac Nord s’affirme comme un polar social nerveux dans la lignée de Les misérables de Ladj Ly, mais se distingue de son alter-égo en plaçant majoritairement le récit du côté policier – ne permettant pas forcément une vision moins manichéenne mais présentant tout de même le travail des forces de l’ordre avec tout ce qu’il comporte de franchissements de lignes et de pressions venues de la hiérarchie.

Après La French en 2014, Cédric Jimenez revient sur ses terres natales, dans la cité phocéenne, et retrouve Gilles Lellouche aux côtés d’autres pousses excellentes telles que François Civil, Adèle Exarchopoulos et Karim Leklou, mais aussi Kenza Fortas, révélée en 2018 par Shéhérazade, située elle aussi dans les quartiers difficiles de la ville méditerranéenne. Il s’inspire d’une véritable affaire de corruption au sein de la BAC marseillaise. En effet, en 2012, dix-huit membres de la brigade anti-criminalité de la ville ont été déférés en correctionnelle pour trafic de drogue et racket.

Cité au bord de l’explosion et police sous pression, Bac Nord dépeint un tableau peu réjouissant de ce qui se joue entre les HLM et réussit, durant les 3/4 de son récit, à maintenir cette même urgence qui faisait la sève du film de Ladj Ly (précédemment évoqué). Le polar est rythmé, soutient la tension et illustre assez justement la faillite du système judiciaire et de la République vis-à-vis des banlieues. Malheureusement, il gâche ce parcours probant dans son dernier segment, beaucoup plus poussif, lorsque les policiers se voient rattrapés par leurs écarts et sacrifiés sur l’autel de la course aux chiffres ministériels (ou préfectoraux).

Au jeu des comparaisons, il s’avère nettement plus convainquant qu’un autre polar marseillais sorti sur Netflix – le navrant Bronx de Marchal – et s’en tire donc avec les honneurs. Assurément, Bac nord devrait profiter de sa belle distribution pour s’affirmer en salle en cette fin d’année qui a bien besoin d’attirer les foules.

Bande-annonce

2021De Cédric Jimenez, avec Gilles LelloucheFrançois CivilKarim Leklou