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MADAME

Madame crée un dialogue entre Caroline, une grand-mère au caractère flamboyant, et son petit-fils cinéaste Stéphane, lors duquel les tabous de la sexualité et du genre sont remis en question dans un monde patriarcal à priori hostile à la différence

Critique du film

Lorsque Franck Beauvais dans Ne Croyez Surtout Pas Que Je Hurle s’empare du cinéma pour raconter l’intime, Stéphane Riethauser effectue le cheminement inverse dans Madame. A travers des images d’archives de sa jeunesse, des photos et extraits de journaux personnels, le réalisateur confie face caméra le récit intime de sa vie et le dissèque sous le prisme politique. De l’enfance à l’âge adulte, le réalisateur questionne son rapport au corps, au désir et à la sexualité, confronté à la pression des modèles familiaux et de la société. L’injonction à la virilité, à “devenir un homme” hante l’adolescence du jeune homme, tiraillé entre ses désirs amoureux et le dégoût des “tapettes”.

Madame est aussi un émouvant portrait de femme. Dialoguant avec sa grand-mère, Stéphane Riethauser offre le témoignage d’une femme en pleine émancipation. Sans mari, répudiée par sa famille après son divorce, le film capte la vie de Caroline, femme douce et joviale des années 20, offrant un regard nouveau sur cette époque. De ses aspirations de comédienne et de couturière, à son douloureux mariage, Madame interroge sur le patriarcat et l’émancipation des femmes dans un temps où le féminisme était encore à ses prémices.

La force de Madame réside dans sa manière de conjuguer l’intime et le politique, renvoyant sans cesse à un vécu collectif, qu’il ne diabolise jamais mais qu’il cherche à comprendre. Et c’est sans doute un message d’utilité publique : Madame est porteur d’espoir, rappelant que les êtres ne sont pas déterminés, mais libres de changer et d’aimer.

Bande-annonce

18 mars 2020 – De Stéphane Riethauser 


Présenté en avant-première au festival Chéries-Chéris 2019