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L’ETAT SAUVAGE

1861. La guerre de Sécession fait rage aux Etats-Unis. Une famille de colons français décide de fuir le Missouri où ils vivent depuis 20 ans. Edmond, Madeleine et leurs trois filles doivent traverser tout le pays pour rejoindre New York où les attend un bateau qui les ramènera en France. Victor, ancien mercenaire au comportement mystérieux, est chargé de veiller à la sécurité du voyage.

CRITIQUE DU FILM

En pleine guerre de Sécession, dans le Missouri, Esther et sa famille sont contraints de fuir le pays pour rejoindre la France, après la menace de soldats nordistes dans la région. Deuxième long-métrage de David Perrault, après le discret Nos Héros Sont Morts Ce Soir, L’État Sauvage s’inscrit dans la lignée des westerns américains, et filme la guerre du point de vue plutôt inédit de colons français. 

Dès son ouverture, L’État Sauvage pose une atmosphère unique à travers des visions spectrales. Des nuits caligineuses aux bandits sans visages, Perrault filme une Amérique fantomatique et en pleine mutation, bien inspirée par la tradition du Southern Gothic. Le film contemple des paysages somptueux, et leur insuffle une once de fantastique, renforcée par la présence d’une culture vaudou. 

Néanmoins, L’État Sauvage ne transcende jamais sa splendeur visuelle et tourne à vide. Passé sa sympathique première partie en huis-clos, appuyant le malaise d’Esther (superbe Alice Isaaz) dans une société qui ne lui correspond pas, sa seconde partie au grand air peine à convaincre. Si le film veut centrer son propos sur une émancipation féminine, il ne parvient pas à éviter les clichés du genre. Esther, femme discrète mais indomptable succombe au bad guy balafré (Victor), dans une romance étouffante. L’émancipation des personnages féminins passe d’abord par une reconnaissance masculine, comme en témoigne Betty, femme bandit entourée de cavaliers sans visages, dont l’amour pour Victor la fait sombrer dans ce qui s’apparenterait à de l’hystérie. 

Oublié la maladresse du propos féministe ainsi que des dialogues parfois à la frontière du ridicule, L’État Sauvage demeure toutefois un western français assez unique, dont la splendeur visuelle vaut le détour.

Bande-Annonce

26 février 2020 – De David Perrault, avec Alice Isaaz, Déborah François, Kevin Janssens…