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BLACKBIRD

APRÈS AVOIR VÉCU EN VILLE, CHEZ SA MÈRE, SEAN (CONNOR JESSUP) DÉBARQUE CHEZ SON PÈRE, À BRIDGEWATER, NOUVELLE-ÉCOSSE. SA TÊTE DE POÈTE ET SES TENUES « GOTHIQUES » EN FONT LE SOUFFRE-DOULEUR DES SPORTIFS DE L’ÉCOLE. POUR SE DÉFOULER, IL ÉCRIT UNE HISTOIRE DE REVANCHE, ASSORTIE D’UNE LISTE DES NOMS DE SES TORTIONNAIRES. CHEZ LUI, LA POLICE LOCALE TROUVE LES ARMES DE CHASSE DE SON PÈRE ET ACCUSE L’ADOLESCENT D’AVOIR PLANIFIÉ UNE TUERIE À LA COLUMBINE. EN ATTENTE DE SON PROCÈS, IL EST EMPRISONNÉ À WATERVILLE, OÙ IL EST HARCELÉ PAR D’AUTRES JEUNES PRISONNIERS. SEULE LUEUR D’ESPOIR DANS CE TUNNEL NOIR : L’AMOUR DE DEANNA (ALEXIA FAST), UNE JEUNE FILLE BCBG, PERSUADÉE DE L’INNOCENCE DU GARÇON QU’ELLE AIME. MAIS EST-CE QUE CE SERA SUFFISANT POUR LE SORTIR DE CE MAUVAIS PAS ?

Principe de précaution

Premier film du cinéaste canadien Jason Buxton, qui a fait ses armes en assistant notamment James Cameron, Blackbird raconte l’histoire d’un jeune lycéen incarcéré après avoir proféré des menaces de vengeance sur internet. Appliquant le principe de précaution, sa communauté le rejette et le juge le place derrière les barreaux à titre préventif. Concerné par ce sujet sur lequel il s’est documenté, Jason Buxton suit le sort de Sean, adolescent réservé occasionnellement malmené par quelques camarades peu neuronés – sûrement à cause de trop nombreux coups de crosse. Utilisant le net comme un défouloir, celui-ci suit les conseils de la conseillère pédagogique en mettant des mots sur sa colère et ce sentiment d’être traité injustement. Cela lui coûtera sa liberté et plusieurs mois de sa vie en centre pour mineurs, dans des conditions plutôt difficiles. En voyant Blackbird, on pense inévitablement aux remarquables Dog Pound (de Kim Shapiron) et Les révoltés de l’île du diable (de Marius Holst), deux longs-métrages indispensables. Si Blackbird n’atteint pas le niveau de ses deux films, on peut louer la volonté de Buxton de ne jamais trop tomber dans le jugement (du personnage, de son entourage, de l’institution, des jeunes incarcérés). On regrettera en revanche un certain manque de rythme qui peut pénaliser le film en cours de route. Toutefois, grâce à l’interprétation impeccable du quasi-débutant Connor Jessup qui incarne ce Sean au caractère aussi fort que son intégrité, le film soulève quelques bonnes questions : le principe de précaution doit-il primer sur la présomption d’innocence ? On imagine aisément que les autorités canadiennes (et globalement nord-américaines) souhaitent éviter au maximum les massacres tristement trop fréquents. De là à placer ses jeunes derrière les barreaux au moindre signe inquiétant…




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