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ZULU

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Bonne surprise

Dans une Afrique du Sud encore hantée par l’apartheid, deux policiers, un noir, un blanc, pourchassent le meurtrier sauvage d’une jeune adolescente. Des Townships de Capetown aux luxueuses villas du bord de mer, cette enquête va bouleverser la vie des deux hommes et les contraindre à affronter leurs démons intérieurs.

Le grand pardon

Ayant fait la clôture de Cannes en mai dernier, Zulu du français Jérôme Salles est l’adaptation cinématographique du roman de Caryl Ferey avec la talentueux Forest Whitaker dans le rôle titre et Orlando Bloom pour lui donner la réplique. 

Si la présence du premier cité avait de quoi enthousiasmer, celle du second pouvait refroidir. Mais il n’en est rien, les deux interprètes étant tous les deux impeccables dans leurs rôles respectifs. Whitaker incarne un enquêteur d’origine zulu, traumatisé par l’apartheid mais cherchant à avancer dans sa vie en prônant le pardon, et Bloom campe un détective au caractère bien trempé. Ceux-ci vont être confrontés à une enquête qui chamboulera leur vie, après la découverte du cadavre mutilé d’une jeune femme dans un jardin botanique. Les deux acteurs anglophones livrent tous deux une prestation convaincantes (si ce n’est pas nouveau concernant Whitaker, toujours capable de nous émouvoir, la performance de Bloom s’avère en revanche être une agréable surprise).

La mise en scène de Jérôme Salle (Anthony Zimmer, Largo Winch) est plutôt efficace avec un certain savoir-faire pour captiver l’attention et le directeur de la photo accompagne bien ce travail immergeant le spectateur dans cet univers violent et glaçant du trafic de drogues sud-africain. La musique d’Alexandre Desplat accentue cette ambiance inquiétante et alerte, le rythme est habilement géré et maintenu. Ainsi, on se laisse volontiers embarqué dans cette intrigue plutôt prenante malgré ses quelques faiblesses – surtout en fin de parcours. 

Il est question de pardon, de génocide, d’industrie pharmaceutique et de cartel sud-africain. Le film brasse différents mais ne les approfondit jamais complètement. Polar noir et intense, aux accès de violence plutôt déroutants, Zulu cherche à mélanger analyse politico-historique et investigation policière dans une Afrique du Sud post-apartheid. Si la mission est partiellement réussie en termes d’éloquence, elle parait plutôt satisfaisante pour ce qui est du divertissement. Un thriller de bonne facture, à découvrir, qui laisse penser que le frenchy Jérôme Salle est sûrement capable de bien mieux qu’il n’y paraissait.

La fiche
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ZULU
Réalisé par Jérôme Salle
Avec Forest Whitaker, Orlando Bloom
France – Thriller, Polar
11 Juin 2014
Durée : 110 min




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dasola
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Bonsoir, globalement d’accord avec ce billet et il faut redire qu’Orlando Bloom est vraiment excellent. Whitaker aussi. c’est un polar sans temps mort (même s’il y en a beaucoup (des morts)) Bonne soirée.
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[…] dans la ville de San Francisco. Co-produit par Forest Whitaker, que l’on récemment vu dans Zulu, Fruitvale station a été confié au débutant Ryan Coogler qui devrait prochainement mettre en […]