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UNE BELLE FIN

6
Touchant

Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

Six pieds sous terre.

Bien qu’âgé de 57 ans, Uberto Pasolini est un jeune réalisateur puisqu’Une Belle Fin est seulement son 2ème long-métrage après Sri Lanka National Handball Team. Celui-ci est surtout connu pour avoir produit l’oubliable Bel-Ami mais surtout le carton planétaire The Full Monty, sorti en 1997. Ce succès lui a permis de prendre son temps pour concrétiser son désir de réalisation.

Une Belle Fin (Still Life en VO) aborde un métier peu banal, celui qu’exerce John May. Ce fonctionnaire exemplaire de la banlieue de Londres est chargé de retrouver les proches de défunts sans famille. À la manière d’un détective, il se plonge dans le passé de ces personnes afin de leur offrir des funérailles respectables. Mais il n’est pas toujours aussi simple de régler des histoires de famille, encore moins de deuil, et John doit bien souvent se résoudre à être le seul à assister aux enterrements.

Uberto Pasolini réalise un film exigeant à la mise en scène naturaliste. Ici pas de place pour des effets de style esthétisants. Chaque plan, essentiellement fixe, traduit l’éternel recommencement du quotidien millimétré du héros. La première partie insiste, un peu (trop) lourdement, sur cette répétition maniaque, quasi-mystique, qu’entretient le fonctionnaire avec les banalités de sa vie. Cela amène à des scènes au vrai comique de situation, scènes parfois inspirées du vécu du réalisateur – selon son propre aveu. Par certains plans, on pense aux œuvres d’Edward Hopper, même si le metteur en scène se réclame du cinéma du japonais Ozu.

C’est finalement un bouleversement dans la vie de John (le premier ?) qui va donner au film un second souffle plus qu’attendu et permettre au personnage une résilience salutaire. L’histoire tient alors son fil scénaristique qui nous sort enfin d’une certaine torpeur. Eddie Marsan, mutique et flegmatique livre une interprétation saisissante qui en fait la principale force du film. Son physique décalé se transforme vite en véritable atout qui lui apporte un certain charme. Et sans avoir aucune indication sur son passé, le spectateur finit par s’attacher à ce philanthrope qui ne trouve son bonheur qu’à travers celui des autres.

La fin, d’une ironie déconcertante, nous amène à travers cette scène expressionniste à reconsidérer tout le sens de la quête de John. Une belle fin utilise la mort pour parler délicatement de la vie et du rapport à autrui. Un film touchant bien qu’inégal.

La fiche

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UNE BELLE FIN
Réalisé par Uberto Pasolini
Avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury…
Grande-Bretagne, Italie – Drame, Comédie
Sortie en salle : 15 Avril 2015
Durée : 87min




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5 années il y a
Peut-être jamais film triste n’auras paru si salvateur. Le cadrage sobre répond au personnage principal dans sa rigidité d’homme qui ne vie que pour la mémoire des autres. Difficile de ne pas résister au (double) final bouleversant. Un gros coup de cœur, sinon le film du mois qui s’installe tout doucement, sans volonté d’appuyer sur la corde sensible. Avec le beau message, qu’un petit rien d’attention, au-delà de tout est important.
dasola
5 années il y a
Bonsoir, que j’ai aimé ce film subtil et touchant. Eddie Marsan trouve un des rôles de sa vie. Magnifique. Bonne soirée.
тном ряи
Administrateur
Reply to  dasola
5 années il y a
Effectivement, cela fait plaisir de le retrouver dans un rôle principal 🙂
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