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POLINA, DANSER SA VIE

6
Caractériel

Russie, dans les années 90. Portée depuis l’enfance par la rigueur et l’exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu’elle s’apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste à un spectacle de danse contemporaine qui la bouleverse profondément. C’est un choc artistique qui fait vaciller tout ce en quoi elle croyait. Elle décide de tout quitter et rejoint Aix-en-Provence pour travailler avec la talentueuse chorégraphe Liria Elsaj et tenter de trouver sa propre voie. 

Observer le monde.

Soyons clairs : Polina n’est pas le film de l’année. Il est même souvent parsemé de défauts narratifs qui parasitent le récit. Impossible pourtant de ne pas être touché par cette adaptation assez libre de l’oeuvre de Bastien Vivès tant la passion de la danse transparaît à l’écran. Valérie Müller, qui signe ici son troisième film, forme un duo de réalisateurs avec le célèbre danseur et chorégraphe français Angelin Preljocaj. Au casting, on retrouve de nombreux prodiges du milieu comme Sergio Diaz, Virginie Caussin ou encore Jeremie Belingard réunis dans un véritable film de passionnés avec des passionnés. Mais pas forcément pour des passionnés. Car dans Polina, la danse s’apparente souvent à un prétexte pour suivre le parcours initiatique du personnage éponyme. De Moscou où la femme rêve d’intégrer le célèbre Ballet du Bolchoï jusqu’en Belgique, en passant par Aix-en-Provence, la jeune femme traverse les nombreuses épreuves non sans un certain aplomb. Les réalisateurs ne cèdent jamais à la tentation de présenter une Mary-Sue en puissance, un personnage qui impressionnerait ses pairs grâce à son don pour la danse. Polina multiplie les erreurs, souffre, tente d’attirer l’attention de son professeur russe avec lequel elle entretient une relation père-fille très touchante. La douleur se lit sur le visage de la jeune danseuse tandis qu’elle exécute les mouvements sous le regard autoritaire de son mentor.

Sa rencontre avec le personnage de Adrien (Niels Schneider) et son départ en France marquent un tournant dans le récit. Quelques situations clichées se succèdent, plombant la narration de Polina mais sans jamais rendre le film inintéressant. Le talent d’Anastasia Shevtsova n’y est pas pour rien. La comédienne débutante, danseuse de formation, insuffle à son personnage un caractère fascinant. Un tour de force lorsque l’on sait que l’actrice ne parlait pas un mot français avant de commencer le tournage. Derrière cette beauté froide se trouve une jeune danseuse talentueuse et sûre d’elle, apportant une énergie incroyable aux nombreuses scènes de danse. C’est simple : l’interprétation d’Anastasia Shevtsova et de Jeremie Belingard du conte de Blanche-Neige est l’une des meilleures chorégraphies vues au cinéma ces dernières années. Et comment ne pas évoquer cette séquence de danse improvisée sur le port ? Les décors, la musique, les différents plans choisis par Valérie Müller et Angelin Preljocaj… c’est lors de ces passages que les deux réalisateurs en imposent le plus. En s’émancipant du matériau de base, ils livrent un film sincère, caractériel et touchant.

La fiche

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POLINA, DANSER LA VIE
Réalisé par Valérie Müller & Angelin Preljocaj
Avec Anastasia Shevtsova, Niels Schneider, Juliette Binoche…
France – Drame
Sortie : 16 Novembre 2016
Durée : 112 min




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