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LE BGG

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Lourd

Le Bon Gros Géant ne ressemble pas du tout aux autres habitants du Pays des Géants. Il mesure plus de 7 mètres de haut et possède de grandes oreilles et un odorat très fin. Il n’est pas très malin mais tout à fait adorable, et assez secret. Les géants comme le Buveur de sang et l’Avaleur de chair fraîche, sont deux fois plus grands que lui et aux moins deux fois plus effrayants, et en plus, ils mangent les humains. Le BGG, lui, préfère les schnockombres et la frambouille. À son arrivée au Pays des Géants, la petite Sophie, une enfant précoce de 10 ans qui habite Londres, a d’abord peur de ce mystérieux géant qui l’a emmenée dans sa grotte, mais elle va vite se rendre compte qu’il est très gentil. Comme elle n’a encore jamais vu de géant, elle a beaucoup de questions à lui poser. Le BGG emmène alors Sophie au Pays des Rêves, où il recueille les rêves et les envoie aux enfants. Il va tout apprendre à Sophie sur la magie et le mystère des rêves… Avant leur rencontre, le BGG et Sophie avaient toujours été livrés à eux-mêmes, chacun dans son monde. C’est pourquoi leur affection l’un pour l’autre ne fait que grandir. Mais la présence de la petite fille au Pays des Géants attire bientôt l’attention des autres géants… 

Le Bon Gros Gadin.

On le sait depuis longtemps : Steven Spielberg est un homme bien plus complexe qu’on ne le pense. Autrefois abusivement taxé de cinéaste naïf et/ou infantile, Spielberg aime brouiller les pistes en alternant les projets sérieux et d’autres beaucoup plus légers : Jurassic Park et La Liste de Schindler, Le Monde Perdu et Amistad… Et voilà qu’entre 2015 et 2016, il enchaîne en l’espace de six mois le sérieux Le Pont des Espions et ce léger BGG, adapté de Roald Dahl.

Réalisé en grande partie en motion-capture (technique déjà utilisée pour Les Aventures de Tintin), le film a un problème de taille : son esthétique. En tant que telle, la motion-capture est réussie, tant les détails du visage du Bon Gros Géant et des Méchants Plus Gros Géants sont bluffants de réalisme. À force d’aligner les très gros plans, on comprend que Spielberg en est particulièrement fier.

En revanche, là où le bat blesse, c’est que l’interaction entre personnage « live » (la jeune Sophie interprétée par Ruby Barnhill, étrange sosie d’Orelsan) et personnages numériques est souvent totalement ratée. On se demande même pourquoi il n’a finalement pas été décidé d’en faire un film 100% motion-capture, afin d’éviter ce genre d’impairs. Certes Spieberg multiplie les mouvements de caméra complètement dingues, notamment lors de la séquence où les méchants géants pénètrent pour la première fois dans l’antre du BGG, mais c’est dans l’ensemble extrêmement laid et criard, et bien loin de ce que le conte original pouvait laisser imaginer d’un point de vue visuel. Cette mise en scène constamment inventive, capable par moments d’évoquer la magie et le mystère si chers au cinéaste (par exemple lorsque la main du BGG vient attraper la jeune fille sur son lit), permet temporairement d’élever le film au-dessus du tout venant. Car, libéré des contraintes d’un tournage en décors réels, le bon Steven se permet des plans impossibles à filmer, susceptibles de filer la migraine à certains spectateurs (même si moins que durant Les Aventures de Tintin), mais visuellement impressionnants. Et c’est grâce à ce genre de choses que l’on se rend compte qu’il y a un vrai cinéaste, et non un vulgaire faiseur, derrière la caméra.

Mais Spielberg peine malgré tout à retrouver sa verve d’antan, la faute à un scénario lourdaud et répétitif (pourtant écrit par la regrettée Melissa Mathison, rien de moins que la scénariste de E.T.), manquant clairement de charme et d’émotion. Le récit stagne, ennuie par manque de véritables enjeux et s’arrête même littéralement l’espace d’une longue séquence de repas au Palais de Buckingham – séquence se terminant sur un gag visuel qui ne plaira qu’aux enfants de moins de 5 ans (et encore…) et qui constitue sans doute l’une des pires séquences de la carrière du réalisateur. Arrive enfin un climax expédié en 3 minutes chrono, venant achever un spectateur qui en a mal à la tête à force de se taper les mains sur le front. John Williams (de retour après s’être vu obligé de décliner Le Pont des Espions) semble le seul à s’en sortir avec les honneurs, signant ici une composition sans surprise, mais rappelant les plus belles heures des Harry Potter, Hook et Maman j’ai raté l’avion.

Même si en y regardant de plus près, on peut déceler une sorte d’auto-portrait du cinéaste à travers le personnage du BGG (qui créé des rêves de ses propres mains et les souffle aux enfants), on a le sentiment que Spielberg a réalisé ce film en guise de petite récréation, sans vraiment trop y croire. Bien qu’il s’agissait à la base d’un projet rêvé depuis de longues décennies par le cinéaste, on se dit qu’il aurait mieux fait d’en rester à cet état de fantasme.

La fiche

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LE BGG (LE BON GROS GÉANT)
Réalisé par Steven Spielberg
Avec Mark Rylance, Ruby Barnhill…
Etats-Unis – Animation, Jeunesse, Aventure
Sortie : 20 Juillet 2016
Durée : 117 min




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