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LA CITÉ INTERDITE

7
Eblouissant

CHINE, XE SIÈCLE, DYNASTIE TANG. DE RETOUR À LA CITÉ INTERDITE APRÈS UNE LONGUE ABSENCE, LE ROI DÉCOUVRE QU’UN COMPLOT SE TRAME AU CŒUR MÊME DE SON PALAIS. LES DANGEREUSES ALLIANCES ET LES MANIPULATIONS DES CONSPIRATEURS N’ONT QU’UN SEUL BUT : PRENDRE LE POUVOIR DU PLUS GRAND ROYAUME AU MONDE. LA TRAHISON VIENDRA DE L’INTÉRIEUR : UNE RÉBELLION MENÉE PAR LA REINE ELLE-MÊME.

La cité magnifique

Grandiose, bluffant, éblouissant de couleurs et de pureté saturée, la Cité Interdite de Yimou est un véritable kaléidoscope, un terrifiant kaléidoscope, tant les couleurs sont nombreuses et le détail paufiné jusqu’à l’étouffement. Difficile en effet de respirer dans ce palais de couloirs arcs-en ciel où la beauté éclate en un scintillement d’étoiles pourpres. Car La Cité Interdite est un film sur la rage, sur l’explosion des émotions contradictoires qui animent ses protagonistes. La violence naît ici du foisonnement ininterrompu des images, dans la somptuosité des étoffes et la froideur des visages plus que dans le développement narratif d’une histoire somme toute peu originale. Le synopsis avoue en effet déjà tout du film : complots, trahisons, pouvoir, amours contrariées, humeur violente qui parcourt les veines, se déploie, se saigne à blanc… 

Autant dire que le spectateur ne trouvera ici rien de révolutionnaire. Le véritable enjeu du film n’est d’ailleurs peut-être pas dans son histoire mais dans le festival visuel auquel elle sert de prétexte, dans cette tension spectaculaire entre les contrastes et les couleurs. La malédiction du chrysanthème (traduction du titre original, ou presque) est l’histoire d’une beauté qui s’épanouit dans une rage contenue et éclate soudain, somptueuse, immense. Champs de chrysanthèmes étouffés par de hautes murailles, perfection de Gong Li, de Jay Chou, de Chow Yun-Fat, dévoilée par de magnifiques plans fixes sur les visages découpés dans l’ivoire et l’ébène.

La danse du film est millimitrée, orchestrée parfaitement de lignes, de courbes, de feu et d’une musique lourde de sens. Bien sûr le film n’est pas exempt de clichés et de plans douteux, à l’image de l’histoire qu’il révèle. Mais en dépit de ses évidentes défaillances, il demeure un objet cinématographique puissant, habité par un esthétisme extrême qui vous colle durablement à la rétine. Et c’est déjà pas si mal. 

La fiche
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LA CITÉ INTERDITE
Réalisé par Zhang Yimou
Avec Gong Li, Chow Yun-Fat
Chine – Action, Historique
14 mars 2007
Durée : 114 min




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aDr-
Invité
aDr-
Le genre de la chine anti, avec les samourai n’ont jamais su attirer mon ravissement. Malgré tout, ta description m’a donné envie alors peut-être y réfléchirais-je à deux fois.
Cependant, comme toi, je déteste la lourdeur de réalisation de ce type de film.
Loulou
Invité
Loulou
Vous avez raison et décrivez bien le film, que j’ai beaucoup aimé. C’est un bijou d’esthétisme qui nous en met plein la vue avec ses tableaux tout en couleurs.
Chonchon
Invité
Pour ceux qui s’intéressent à la Chine antique, c’est un film éblouissant. Même s’il est vrai qu’on n’y apprend rien de véritablement fondamental. C’est assez lisse.
CamEcapse
Invité
CamEcapse
On peut dire que c’est un très beau film esthétiquement ! C’est telement beau !