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CANNES 2017 | Bilan 70e édition et pronostics palmarès

Dix-neuf films pour une Palme d’or. L’équation semble simple et pourtant, la qualité aléatoire d’une sélection très décevante vient de la transformer en casse-tête chinois pour un jury devant prendre une décision particulièrement complexe. Tandis qu’aucun grand favori ne s’est clairement détaché du peloton, le suspens reste entier et nul ne pourrait à cet instant prédire qui rentrera de Cannes avec la Palme d’or ce lundi. Pedro Almodovar et son jury pencheront-ils vers un formalisme envahissant, présent sous toutes les coutures (Zviaguintsev, Haneke, Loznitsa), ou bien s’échapperont-ils du côté d’un cinéma plus audacieux et original (Lanthimos, Safdie, Campillo) ? Tout paraît, à cette heure, possible.

Favori de la presse, Faute d’amour d’Andreï Zviaguintsev devrait logiquement se glisser au palmarès mais il est difficile de savoir s’il s’envolera au sommet ou se contentera d’un prix de la mise en scène. A ses côtés, 120 Battements par minute sera un outsider de choix, porteur d’une puissance émotionnelle souvent oubliée parmi ses concurrents. Juste derrière eux, on imagine mal un palmarès sans Good Time, l’excellente surprise des frères Safdie ou You Were Never Really Here de Lynne Ramsay. En invités de dernière minute, il faudra se méfier de deux représentants asiatiques, Hikari et Le Jour d’après, très appréciés lors de leurs séances officielles. Enfin, The Killing Of A Sacred Deer et The Square, les films les plus clivants de cette sélection, pourraient, eux aussi, avoir une belle carte à jouer pour les prix du jury et du scénario.

Du côté des prix d’interprétation, si Diane Kruger (In The Fade) paraît quasi assurée de repartir avec celui d’interprétation féminine, la bataille sera rude entre Robert Pattinson (Good Time) et Joaquin Phoenix (You Were Never Really Here), fréquemment cités pour leurs performances respectives. À moins que Claes Bang (The Square) ne vienne mettre tout le monde d’accord. Au rayon des absents, une troisième Palme d’or ne semble pas d’actualité pour Michael Haneke, arrivé au bout d’un système avec Happy End. Peu de chances également pour les autres concurrents français Michel Hazanavicius (Le Redoutable), Jacques Doillon (Rodin) et François Ozon (L’Amant Double), tous trois en-dessous des attentes.

Quels que soient leurs choix, on espère surtout que le jury saura extirper le meilleur d’une compétition, entre gris clair et gris foncé, ayant cruellement mis en lumière une absence totale de prise de risques. Souvent délaissées, la liberté et la créativité auraient mérité d’être célébrées avec plus de conviction et une volonté plus éclatante de repousser les limites d’un cinéma d’auteur se repliant sur lui-même. À revoir pour la prochaine édition ?

 


Palmarès personnel

Palme d’or : Wonderstruck, de Todd Haynes

Grand Prix : 120 battements par minute, de Robin Campillo

Prix d’interprétation masculine : Robert Pattinson pour Good Time des frères Safdie

Prix d’interprétation féminine : Diane Kruger pour In The Fade de Fatih Akin

Prix de la mise en scène : Les Proies, de Sofia Coppola

Prix du scénario : The Killing Of A Sacred Deer, de Yorgos Lanthimos

Prix du jury : Vers la lumière, de Naomi Kawase

 

Pronostics

Palme d’or : 120 battements par minute, de Robin Campillo

Grand Prix : Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev

Prix d’interprétation masculine : Joaquin Phoenix pour You Were Never Really Here de Lynne Ramsay

Prix d’interprétation féminine : Diane Kruger pour In The Fade de Fatih Akin

Prix de la mise en scène : Good Time, de Ben et Joshua Safdie

Prix du scénario : Vers la lumière, de Naomi Kawase

Prix du jury : Le Jour d’après, de Hong Sang-Soo ex-aequo avec The Square de Ruben Östlund




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