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LE PRINCE ET LE PAUVRE

Tom Canty, jeune homme pauvre, s’avère être le sosie du prince de Galles, Edward, qu’il rencontre par hasard. Par jeu, ils décident d’intervertir leurs vêtements. Mais la plaisanterie leur échappe quand ils se retrouvent séparés…

Critique du film

Troisième adaptation d’un roman de Mark Twain écrit en 1882, cette réalisation du talentueux et très éclectique Richard Feischer – Les Vikings, Soleil Vert – s’avérait aux yeux de certains spécialistes très classique, voire presque dépassée à l’heure du Nouvel Hollywood. En 1977, année de sa sortie en salles au Royaume Uni, les spectateurs se passionnaient plutôt pour le premier Star Wars, par exemple. Et pourtant, on y trouve la patte habituelle de ce vétéran qu’était déjà Richard Fleischer et il s’agit d’un très bon spectacle familial, au sens noble du terme. 

Le Prince et le pauvre est au départ un film de commande. C’est le producteur Alexander Salkind qui, après le grand succès que furent Les Trois mousquetaires et On l’appelait Milady de Richard Lester, souhaite mettre en œuvre une belle adaptation de cette histoire de Mark Twain. C’est ce producteur qui choisit Richard Fleischer et qui souhaite reprendre une partie du casting des adaptations d’Alexandre Dumas : Oliver Reed, Raquel Welch et Charlton Heston. L’autre partie de la distribution comprend des comédiens ayant déjà joué sous la direction de Richard Fleischer : George C. Scott, Ernest Borgnine – Sachant que Charlton Heston et Raquel Welch avaient également travaillé avec Richard Fleischer, le premier dans Soleil vert, la seconde dans Le Voyage fantastique, Le Prince et le pauvre présentait donc une belle troupe d’artistes familiers du travail de ce grand metteur-en-scène, trop souvent mésestimé, malgré une filmographie prestigieuse. 

le prince et le pauvre

Le film bénéficie d’une très belle mise en scène, ample et bien mise en valeur par l’utilisation d’un format large et la grande richesse des costumes et des décors. Cette réussite formelle doit beaucoup aussi à l’utilisation du Technicolor. Cette histoire, parsemée de très belles séquences d’action, permet également à Richard Fleischer de poser ça et là, sans en avoir l’air, des questions essentielles, d’effleurer subtilement des thèmes plus graves, comme celui du pouvoir, ou de la cruauté d’une époque – on est au XVIème siècle -, époque dont la violence se cristallise dans le personnage du roi Henry VIII, interprété par Charlton Heston. 

On notera les compositions truculentes d’Oliver Reed et de George C. Scott, et on croisera également David Hemmings et Rex Harrison dans la distribution, dont le seul point faible est paradoxalement est Mark Lester, qui interprète le double-rôle principal. Ce dernier apparaît un peu pâlot, comparé à des acteurs ayant déjà une grande expérience. Mais cet écueil est vite balayé par l’ensemble de cette œuvre, qui compte parmi ses autres atouts la photographie de Jack Cardiff et la musique de Maurice Jarre. 

Le Prince et le pauvre ne compte pas forcément parmi les meilleurs films de Richard Fleischer, mais reste un film très réussi, un divertissement enlevé et traversé par des traits d’humour bienvenus.


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Ce film est disponible en combo Blu-Ray DVD depuis le 31 janvier, édité par Studio Canal, avec des suppléments qui reviennent intelligemment sur la genèse et le tournage du film. 



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