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PERFECT SENSE

Au milieu d’un monde frappé par une étrange épidémie qui détruit progressivement les cinq sens, un cuisinier et une chercheuse tombent amoureux…

Critique du film

L’anosmie est le nom savant désignant la perte de l’odorat. Le terme est devenu familier du plus grand nombre à la faveur de la pandémie de Covid-19, puisqu’il s’agit de l’un des symptômes de la maladie. Lorsque Perfect Sense est sorti en 2011, il était encore un handicap méconnu et aux conséquences sous-estimées. Dans le film, la disparition de l’odorat est la première manifestation de la mystérieuse pandémie qui se répand sur la planète. Outre les conséquences directes sur la capacité à repérer une fuite de gaz ou à s’enthousiasmer pour une douce fragrance, ne plus sentir, c’est être privé d’un sens capable d’emmagasiner ou de raviver des souvenirs…

Dans le long-métrage, les personnes contaminées perdent ensuite progressivement les quatre autres sens. C’est dans ce contexte que les deux héros, Michael et Susan, incarnés par Ewan McGregor et Eva Green, se rencontrent et tombent amoureux. Le scénario catastrophe se double donc d’une trame romantique, et même mélodramatique. Cette dimension intime résume à elle seule la tragédie qui frappe l’humanité. Que peut l’amour (et que devient-il ?) lorsque chaque individu est dépourvu d’odorat, de goût, de vue, d’ouïe et de toucher ? La perspective de ce néant est vertigineuse. 

David MacKenzie tente de faire ressentir ces bouleversements sensoriels à travers sa mise en scène ou son travail sur le son. C’est parfois maniéré, parfois audacieux. Le fait de choisir, comme personnage principaux, un cuisinier et une épidémiologiste, soit l’incarnation de l’émotion et de la raison, n’a rien de très subtil. Il n’empêche, si Contagion de Steven Soderbergh a été un phénomène lors du premier confinement l’an passé, Perfect Sense aurait été un très bon complément des claustrations imposées. Le crescendo émotionnel et son climax ouvrent les yeux sur notre quête de sens.



#LBDM10ANS