featured_lost-in-the-night

LOST IN THE NIGHT

Dans une petite ville du Mexique, Emiliano recherche les responsables de la disparition de sa mère. Activiste écologiste, elle s’opposait à l’industrie minière locale. Ne recevant aucune aide de la police ou du système judiciaire, ses recherches le mènent à la riche famille Aldama.

Critique du film

Le générique sur fond rouge sang donne très vite un aperçu de la tonalité de Lost in the night, même si la violence sera plus souvent psychologique et sociale dans ce long-métrage aux nombreux thèmes, traités pour la plupart avec originalité et un regard contemporain. Emiliano, un jeune homme recherche sa mère. Celle-ci, une activiste a disparu mystérieusement après s’être opposée à une mine qui apporte, certes, du travail à beaucoup d’habitants, mais aussi énormément de pollution et de déchets toxiques. Trois ans se sont passés depuis l’enlèvement présumé de la mère du jeune homme par la police. 

Ayant récupéré des indices sur le lieu de la disparition, Emiliano se fait embaucher avec sa petite amie par une famille aisée qui occupe une villa aux abords de ce qui pourrait être le lieu du crime. Le père est un artiste plasticien reconnu qui vit avec sa femme et sa fille influenceuse et obsédée par le suicide. Beaucoup de tensions semblent exister entre la population locale et cette famille très riche, qui vit comme dans une bulle de luxe et d’insouciance. Mais cette apparente sérénité va vite se fissurer, au contact d’Emiliano qui mène son enquête de façon inexorable, impitoyable. 

Présenté au Festival de Cannes en 2023, Lost in the night a été filmé dans un format d’image large qui donne toute son ampleur au sens du cadre du metteur-en-scène mexicain, Amat Escalante. Ce dernier, déjà réalisateur de plusieurs films et courts-métrages, mais aussi d’épisodes de la série Narcos : Mexico, compose ses plans avec une rigueur toute picturale et cette réussite plastique n’est pas le moindre des atouts de cette œuvre au charme vénéneux. 

lost in the night

Thriller, critique sociale et drame aux accents de tragédie grecque, Lost in the night suit la descente aux enfers d’une famille qui pense pouvoir vivre dans le mensonge et l’égoïsme le plus violent. Les masques finissent toujours par tomber, pour le pire bien souvent, même si le sentiment de culpabilité de personnages qu’on croyait imperméables à cet état d’esprit pourrait rassurer. Vivre trop longtemps dans une bulle peut vous transformer en monstre, au sens étymologique du terme, celui qu’on montre – ou qui s’exhibe de lui-même – à travers une œuvre à exposer ou des mises en scènes à poster sur les réseaux sociaux. 

Certains personnages cachent mal leur fragilité dans ce film qui ne se cantonne pas à un huis-clos fascinant, mais évoque également les grandes problématiques du Mexique : les narcotrafics, la corruption de la police, la pauvreté à travers un récit qui offre suspense, réalisme psychologique et une très belle photographie.  

 


Lost in the night est disponible en DVD depuis le 6 février, édité par Blaq Out, avec en supplément, un entretien avec Amat Escalante, le réalisateur qui éclaire son propos avec clarté et précision.  




%d blogueurs aiment cette page :