Lèvres rouges photo 1 © Malavida

LES LÈVRES ROUGES

Valérie et Stefan, immobilisés à Ostende, séjournent dans un vaste hôtel désert en cette morte-saison. Le couple fait alors la connaissance de l’inquiétante comtesse Bathory et de sa protégée Ilona, ténébreuses créatures de la nuit. Elles envoûtent d’abord le jeune homme, fasciné par des meurtres mystérieux perpétrés dans la région, puis Valérie, intriguée par l’étrange relation qui unit les deux femmes…

Critique du film

Le film se déroule en grande partie dans une Ostende quasiment déserte et fantomatique. Il se dégage une atmosphère vénéneuse et inquiétante des décors de l’hôtel où prend place une intrigue au rythme lancinant, qui nous entraîne aussi à Bruges où ont lieu des meurtres inquiétants.

L’esthétique du film est très soignée avec une dominante du blanc et du rouge et des influences picturales d’artistes flamands comme Paul Delvaux ou Fernand Khnopff. Le sens du cadrage de Harry Külel est remarquable et contribue beaucoup à la réussite artistique des Lèvres rouges. Les décors sont de toute beauté et un sentiment d’étrangeté naît rapidement à partir d’images d’éléments déchaînés, annonciateurs de pulsions incontrôlables et de violence qui sourd. Mais aussi à partir de ces plans dans l’hôtel quasiment vide.

Delphine Seyrig est, bien sûr, sublime. Séductrice et inquiétante, elle semble envoûter les autres personnages. Très présent dans cette œuvre, le thème de la violence faite aux femmes doit peut-être beaucoup à la présence et à l’influence de l’artiste qui fut aussi une grand militante féministe.

Le tournage fut assez éprouvant, par manque d’argent et de temps. Malgré cela le film représente une vraie réussite grâce à la qualité de la réalisation et à une interprétation fine et qui se joue des clichés. On assiste avec Les lèvres rouges à un croisement entre le cinéma de genre et celui d’auteur. 

Il s’agit d’un film de vampire, d’une part mais aussi d’une oeuvre plus personnelle sur l’amour, le désir et la domination et qui nous plonge dans un voyage hypnotique et envoûtant à l’image de la très belle musique de François De Roubaix.

Le film ressort en salle le 11 mars dans une copie magnifique grâce à Malavida.

 Bande-annonce

11 mars 2020 (ressortie) – De Harry Kumel, avec Delphine SeyrigJohn Karlen