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MAPS TO THE STARS

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Moyen

A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide à se réaliser en tant que femme et actrice. La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.

Statuette de la liberté

Vous n’avez pas pu échapper aux affiches dans les couloirs du métro ou à la bande-annonce tournant en boucle dans les cinémas. Le Maps to the stars de David Cronenberg sera bientôt en salles françaises, après sa projection cannoise considérée comme l’un des événements de ce 67ème Festival. Si certains l’attendent de pied ferme, d’autres le redoutent. Nous avons eu la chance de le découvrir peu avant sa présentation sur la croisette… 

Maps to the stars s’apparente à un thriller satirique qui navigue entre comédie, surnaturel et glauque – combinaison assez représentative de l’univers du cinéaste canadien. Fidèle à lui-même, David Cronenberg retrouve ses vieux démons (le kitsch de la mise en scène, les accès de violence de ses personnages), soigne son ambiance (étrangement désuète et flottante) et se repose sur le charisme de ses interprètes, à qui il aime laisser une grande liberté. Ceux-ci s’en sortent globalement bien, à l’exception d’un John Cusack aussi lifté que mauvais. Julianne Moore est délicieusement détestable en comédienne névrosée face à une Mia Wasikowska timidement inquiétante, Robert Pattinson traîne sa nonchalance aux quatre coins de L-A avec une certaine élégance et le jeune Evan Bird se révèle être une parfaite tête à claques, en adéquation avec son rôle de jeune starlette cocaïnée à l’égo déjà surdimensionné. S’offrant de nombreux clins d’oeil, quelques tacles et même un petit cameo de Carrie Fisher, Maps to the stars a pour idée de dézinguer cette grande famille incestueuse qu’est Hollywood aux yeux de son auteur.  

Si Maps to the stars réussit là où The Canyons se vautrait lamentablement, on retrouve dans son intrigue une atmosphère assez malsaine qui peut dérouter comme intriguer. Ses personnages sont ambitieux, vicieux, cyniques et cruels. Chacun se préoccupe de sa carrière et de son porte-monnaie, quitte à se réjouir du drame de son voisin ou à rejeter sa fille aînée pour ne pas mettre en péril sa réputation. La cruauté et l’hypocrisie éteignent bien des égards dans la course au cachet ou à la statuette. Rien de bien nouveau sur les hauteurs de Los Angeles… Car même si l’on apprécie certaines références très actuelles, on se laisse petit à petit endormir devant ce faux pamphlet citant jusqu’à plus-soif Paul Eluard et condamnant la quête de la gloire et l’obsession narcissique, avant d’être rattrapé in-extremis pour un dernier quart d’heure plutôt réussi.

Après un Cosmopolis immergé dans le très nihiliste microcosme de la finance, David Cronenberg s’attelle à un autre petit monde impitoyable replié sur lui-même : celui d’Hollywood, où les chemins de la liberté comme de la célébrité sont parsemés de sang, de fantômes et de jalousies.

La fiche
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MAPS TO THE STARS
Réalisé par David Cronenberg
Avec Mia Wazikowska, Julianne Moore, Robert Pattinson, Olivia Williams, John Cusack, Evan Bird, Sarah Gadon…
Etats-Unis, Canada, Europe – Drame hollywoodien
21 mai 2014
Durée : 111 min




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STILL ALICE | Critique du filmRobert Pattinson WorldwideENEMY | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAwidescreen Auteurs de commentaires récents
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Continuation de la veine plus bavarde de Cronenberg (reste sa manière, ici, d’inclure des « fantômes » efficace). Comme cela se passe à Hollywod et son monde (im)pitoyable, la chose est plus digeste que dans ses précédents. Plus que dérangeant son film ne propose qu’un peu de provoc genre american pie filmé façon Larry Clarke PG-13. De plus, une actrice mainstream sur le pot, c’est du déjà-vu en mieux, surtout avec une J. Moore plus généreuse (il-y-a, c’est vrai, qq années – désolé ma(mes)dame(s), féministes…). Pour dire que cela ne vas pas bien loin. En conclusion: de bons moments parmi d’autres un… Lire la suite »

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[…] Elle jouait notamment dans Cosmopolis, autre film à déchiffrer, et plus récemment dans Maps to the Stars. À noter, la performance convaincante d’Isabella Rossellini (fille de Roberto Rossellini et […]
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[…] lebleudumiroir.fr (French) […]
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[…] et de fabuleux seconds rôles (A Single Man, The Hours, Les fils de l’homme, Maps to the stars), soit à son tour décorée. C’est désormais chose faite. Dommage qu’il ait fallu […]