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STILL ALICE

3
Peu mémorable

Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration.

Loin d’elle.

Il y a parfois des incohérences historiques. Quelques grands comédiens et cinéastes de génie n’ont jamais décroché la statuette dorée qui fait baver tout Hollywood. Jusqu’au mois dernier, Julianne Moore faisait partie de cette liste. Il était grand temps que cette comédienne, excellant tant dans le registre dramatique que dans la comédie (Crazy Stupid Love, The kids are alright), avec une filmographie marquée par de grands rôles principaux (Safe, Loin du Paradis, Blindness…) et de fabuleux seconds rôles (A Single Man, The Hours, Les fils de l’homme, Maps to the stars), soit à son tour décorée. C’est désormais chose faite. Dommage qu’il ait fallu qu’elle soit sacrée pour un film médiocre, Still Alice.

Force est de reconnaître, à son visionnage, que le film de Richard Glatzer et Wash Westmoreland n’est pas de la trempe de sa comédienne principale. Julianne Moore, comme souvent d’une justesse et d’une finesse confondantes, porte ce mélo sur ses talentueuses épaules. Elle incarne Alice, une femme dynamique et cultivée qui va bientôt développer l’une des affections les plus redoutables de ce siècle : la maladie d’Alzheimer. 

Drame familial très peu inspiré, Still Alice peine surtout à convaincre du fait de la faiblesse de sa mise en scène. Le tandem de réalisateurs a bien du mal à donner vie à cette histoire au sujet pourtant éminemment porteur. Cette adaptation du best-seller de Lisa Genova – matériau probablement plus recommandable que ce faible script pondu par Glatzer et Westmoreland – manque sérieusement de liant avec une construction narrative précipitée et insipide. Chaque scène s’amorce de façon abrupte ou maladroite, les séquences s’enchaînant sans fluidité aucune jusqu’à un final complètement raté. Si l’on s’imagine volontiers que le support original contenait de belles qualités – au regard de quelques illustrations pointues de l’évolution de la maladie et de l’expérience du personnage d’Alice – celui-ci n’a pas été suffisamment travaillé pour un résultat concluant à l’écran. 

Pour ne rien arranger, l’atroce et envahissante composition musicale d’Ilan Eshkeri souligne systématiquement chaque scène, cherchant à nous dicter des émotions que les deux cinéastes restent bien incapables de faire naître – se reposant beaucoup trop sur le talent de leur interprète majeure. 

À des années lumière du superbe Away from her de Sarah Polley, Still Alice ne se détache jamais de son statut de mélodrame inconsistant et peu inspiré, ne valant le détour que pour la nouvelle prestation de son actrice principale, l’excellente Julianne Moore (enfin) oscarisée. 

La fiche

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STILL ALICE
Réalisé par Richard Glatzer, Wash Westmoreland
Avec Julianne Moore, Alec Baldwin, Kristen Stewart …
Etats-Unis – Drame
Sortie en salle : 18 Mars 2015
Durée : 101 min




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VincentMarla Auteurs de commentaires récents
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Marla
Invité
Alors là, pas du tout d’accord avec ta critique ! C’est un beau film, la réalisation est sobre, c’est plutôt de bonne facture, et les autres interprètes (Kristen Stewart et Alec Baldwin) sont très convaincants.

Pour ce qui est des rapports familiaux, notamment entre une mère académique et une fille artiste, je peux te dire, pour l’avoir vécu, que c’est très bien vu: http://marlasmovies.blogspot.fr/2015/02/still-alice-se-souvenir-des-belles.html

Vincent
Invité
Je te rejoins sur ta critique, vu hier et très déçu, sauf pour Julianne !