Dogman

DOGMAN

Rageur

Dans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle. Il fait alors l’apprentissage de la trahison et de l’abandon, avant d’imaginer une vengeance féroce…

L’Homme qui rit.

Cannes et Matteo Garrone : Entre Matteo Garrone et Cannes, c’est une histoire qui fonctionne à merveille (ou presque) depuis maintenant seize ans. Venu à quatre reprises sur la Croisette, le cinéaste italien a démarré son périple à la Quinzaine des réalisateurs avant de rejoindre (et de ne plus quitter) la compétition dès 2008. Récipiendaire de deux Grands Prix (Gomorra en 2008 et Reality en 2012), il est, cette année, l’un des rares fidèles du festival à figurer parmi les « rescapés » du grand chamboulement orchestré par Thierry Frémaux.

Notre avis : De plus en plus, Matteo Garrone s’impose comme un réalisateur adepte du quitte ou double. Après une phase descendante entamée depuis Reality (pourtant primé mais éreinté il y a six ans) et parachevée avec le décevant Tale of Tales, son nouveau long-métrage signe un retour gagnant aux fondamentaux. Dans la lignée d’un cinéma de gueules cassées (tel que pouvait l’être Gomorra), Dogman frappe fort en adaptant à l’écran l’histoire vraie d’ « Er Canaro », un toiletteur pour chiens ayant assassiné et torturé un ancien boxeur devenu dealer. Impressionnant d’intensité, Marcello Fonte porte sur ses épaules ce personnage complexe à la bonhomie évidente, contraint d’embrasser les codes d’un monde où la violence est un langage pour survivre. Malgré la noirceur d’un récit profondément jusqu’au-boutiste, Matteo Garrone crée un antihéros passionnant à suivre dans les moindres recoins d’une ville et d’un pays à la dérive.

Accueil des festivaliers : Encensé par la critique et le public, Dogman a été unanimement salué et apprécié tout au long de son parcours cannois.

Palmomètre : Sans crier gare, Marcello Fonte a mis toute la concurrence KO et devrait, fort logiquement, s’emparer du prix d’interprétation masculine. Une autre récompense conjointe (scénario ou mise en scène) n’est toutefois pas à exclure en cas de gros coup de cœur du jury.

La fiche
Dogman affiche

DOGMAN
Réalisé par Matteo Garrone
Avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria
Italie – Policier, drame

Sortie : 11 juillet 2018
Durée : 102 min




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