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BRIGHTON 4th

Kakhi, un ancien champion de lutte, dont le dévouement à sa famille l’amène à quitter sa maison de Tbilissi pour rendre visite à son fils Soso à Brighton Beach, à Brooklyn. Il le retrouve dans une pension de famille miteuse, peuplée d’un groupe haut en couleurs d’immigrés géorgiens. Soso n’étudie pas la médecine comme le croyait Kakhi, mais il travaille pour une entreprise de déménagement afin de rembourser une dette de jeu à un chef de la mafia locale. Kakhi se met en tête d’aider son fils, ce qui entraîne des situations aussi comiques que désastreuses…

Critique du film

Débutant par une très belle séquence d’ouverture de dispute devant un match de football regardé à la télévision, Brighton 4th nous entraine en Georgie et à Brooklyn parmi des personnages picaresques, pour la plupart complètement fauchés ou vivant d’expédients. Soso, le fils de Kakhi, a menti à son père. Il n’a pas brillamment réussi dans ses études, mais a un petit boulot pour rembourser les dettes de jeu qu’il a contractées auprès de personnes qui ne plaisantent pas avec ce type de litiges. Kakhi, malgré son âge est prêt à aider son fils. N’importe quel boulot fera l’affaire pour récolter quelques billets, comme s’occuper de personnes âgées. 

Mais quand Kakhi donne de l’argent à son fils, ce dernier finit par rejouer et bien sûr par perdre à nouveau. Cercle vicieux. Alors qu’une issue fatale semble se profiler, l’un des chefs maffieux – à qui Soso doit de l’argent – a reconnu dans le vieil homme la personnalité ex-championne de lutte qui défrayait la chronique sportive. Il lui propose alors un arrangement, un deal. 

Le réalisateur et acteur principal de Brighton 4th, c’est Levan Tediashvili, qui a aussi été un authentique champion de lutte, spécialisé dans la lutte libre. Le rôle qu’il s’est attribué lui va comme un gant. Un homme valeureux, digne et courageux. Un vieil homme qui malgré les imprudences de son fils, cherchera à l’aider coûte que coute. Quitte à prendre des risques qu’un homme de son âge ne devrait lus prendre.  

Le film compte beaucoup de moments drôles ou de pure poésie, notamment avec le « rossignol » joué par Khaki Kavsadze. Cet acteur, décédé peu de temps après le tournage du film et à qui Brighton 4th est dédié, apporte beaucoup au film par son flegme et sa façon de célébrer par ses chants les petites joies ou les grandes peines. On rencontre d’autres personnages singuliers dans Brighton 4Th comme cet homme qui exploite les femmes qu’il emploie et qu’on finit par kidnapper pour lui faire entendre raison. Et qu’on surveille sans vraiment le surveiller…

Brighton 4th est un film modeste, attachant et plus profond qu’il ne le paraît au premier abord. Une œuvre qui parle d’amour paternel, d’abnégation, et invite à prendre la vie comme elle vient avec courage et philosophie.  


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