pirates

PIRATES

Le soir du Nouvel An 1999, trois amis, jeunes adultes, s’aventurent dans les rues de Londres, déterminés à terminer l’année en beauté avant que leurs vies ne diffèrent irrémédiablement. Au volant d’une petite Peugeot 205, esquivant les petites amies et les gangs, Cappo, Two Tonne et Kidda sont prêts à tout pour se procurer des billets pour la meilleure fête du millénaire.

Critique du film

Si le pitch peut paraître un peu léger au premier abord – trois amis musiciens tentent désespérément d’obtenir des billets pour une soirée du Nouvel An -, Reggie Yates réussit à y insuffler un enthousiasme et un dynamisme qui font plaisir à voir. Porté par un trio d’acteurs convaincants, dont on décèle le potentiel immense au travers de ce scénario très épuré, Pirates enchaîne les scénettes comiques, dont le centre névralgique demeure la Peugeot 205 jaune dans laquelle les personnages passent les deux tiers du film. En s’aventurant dans le domaine de la comédie adolescente urbaine, le réalisateur ne prenait certes pas beaucoup de risques en termes d’écriture, mais il a le mérite de réussir à faire rire sincèrement, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous les films dans son genre.

Avec son rythme effréné et son étalonnage soigné, le film n’est pas sans évoquer un clip vidéo à succès de MTV. Cette similitude n’est cependant pas un hasard, car l’excellente surprise de ce premier film réside sans aucun doute dans sa bande-son extrêmement soignée : mettant à l’honneur des artistes comme Sunship, So Solid Crew ou encore Ms.Dynamite, elle berce le film des sonorités joyeuses et entraînantes de la musique UK garage, et dessine en creux le portrait de toute une sous-culture londonienne underground aspirant à la célébrité, prête à dévorer le monde.

Pirates
Avant d’être un film sur l’amitié, Pirates est ainsi un véritable hommage à la musique qui a accompagné l’adolescence du réalisateur : mélangeant allègrement le bling de Moschino au streetwear, ce dernier réussit brillamment à prendre le pouls d’une époque et à retranscrire authentiquement la fin des années 90 à l’écran, là où la plupart des productions contemporaines se déroulant à cette époque souffrent d’un défaut de crédibilité. Pirates ne se contente pas de saupoudrer des accessoires technologiques dépassés ça et là (un Tamagotchi, des cassettes audio, de vieux téléphones portables) : il incarne avec chaleur le nord de Londres au tournant du millénaire, et transmet au spectateur.trice tout l’amour que Reggie Yates porte à son quartier d’origine mais aussi à la jeunesse noire. En célébrant la vitalité et son ambition de cette dernière, le réalisateur signe avec Pirates l’un des feel-good movies les plus agréables et plaisants de ces dernières années.


De Reggie Yates, avec Elliot Edusah, Jordan Peters et Reda Elazouar.


Festival de Dinard