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BOXING DAY

Le lendemain de Noël, Melvin, auteur britannique vivant en Amérique, rentre à Londres pour les vacances. Il présente alors Lisa, sa fiancée américaine, à son excentrique famille britannico-caribéenne. Leur relation est mise à l’épreuve quand elle découvre le monde que son fiancé a laissé derrière lui…

Critique du film

Qu’on le veuille ou non, le film de Noël fait partie des incontournables de l’industrie cinématographique : il y a les classiques grands publics comme Maman j’ai raté l’avion, la version film d’auteur, comme 8 femmes de François Ozon, et tous les autres plus ou moins ratés et mièvres entre les deux. L’Angleterre n’est certainement pas en reste dans ce domaine, puisque Love Actually, réalisé par le maître de la romance, Richard Curtis, demeure, depuis sa sortie il y a presque vingt ans, une référence majeure du genre. Généralement centré autour de valeurs chrétienne -le partage, l’amour, le pardon- et mettant toujours en avant l’importance de la famille, le film de Noël souffre cependant d’une réputation assez conservatrice et vieux-jeu. Si Hollywood a récemment pris son parti de le moderniser et d’y insuffler des problématiques plus contemporaines, comme l’homosexualité (Ma belle-famille, Noël et moi, réalisé par l’actrice lesbienne Clea DuVall) ou le « dating » en ligne (Love Hard de Hernan Jimenez), il restait encore le bémol de la diversité. Car le film de Noël est encore bien souvent un film aussi blanc que la neige omniprésente à l’écran.

C’est à cette problématique que s’attaque Aml Ameen, connu pour ses rôles dans Sense8 ou I May Destroy You, en réalisant la première comédie romantique anglaise au casting (quasi) intégralement noir -de l’autre côté de l’Atlantique, le très moyen The Holiday Calendar avait déja mis en avant des acteurs afro-américains en 2018. Reprenant la recette classique de toutes les comédies romantiques hivernales, il met en scène une myriade de personnages aux histoires familiales croisées, qui, le temps des fêtes, se heurte à des quiproquos, des règlements de compte et des peines de cœur.

Boxing day
Si le film n’apporte pas grand chose à un genre déja bien usé jusqu’à la corde et que son scénario ne brille pas d’inventivité, il a le mérite de mettre en lumière toute une communauté noire anglaise et jamaïcaine, à laquelle le réalisateur fait de nombreux clins d’œil culturels. On se lasse vite des intrigues amoureuses et familiales des différents personnages, qui laissent un peu de marbre et peinent à émouvoir, mais la réflexion en demi-teinte d’Aml Ameen sur le couple interacial et la culture noire, porté avec justesse par Marianne Jean-Baptiste, fait mouche malgré tout. Le casting glamour (Aja Naomi King, connue pour son rôle dans How To Get Away With Murder et Leigh-Anne Pinnock, chanteuse du groupe Little Mix), les références à Love Actually et l’interprétation touchante de Say a Little Prayer achèvent de faire du film un divertissement tout à fait honorable qui, à défaut d’être une grande oeuvre, remplit certainement sa mission de représentation à l’écran.


De et avec Aml Ameen, Aja Naomi King et Marianne Jean-Baptiste.


Festival de Dinard