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THE LAST FACE

Indécent

Au Libéria, pays d’Afrique ravagé par la guerre, le docteur Miguel Leon, médecin humanitaire, et le docteur Wren Petersen, directrice d’une ONG, tombent passionnément amoureux l’un de l’autre. S’ils sont tous les deux engagés corps et âme dans leur mission, ils n’en sont pas moins profondément divisés sur les politiques à adopter pour tenter de régler le conflit qui fait rage. Ils devront surmonter leurs clivages et le chaos qui menace d’emporter le pays tout entier – sous peine de voir leur amour voler en éclats…

Palme d’horreur

Alors que les lumières s’éteignent dans le Palais des Festivals, les mines sont déconfites, inquiètes à l’idée de découvrir le nouveau film de Sean Penn, The Last Face, copieusement sifflé en projection presse et vivement étrillé par des journalistes remontés à bloc. Connue pour adoucir les retours critiques, la présentation officielle se charge, cette fois, d’une ambiance électrique parcourant les spectateurs, déjà persuadés de tenir ici le pire objet de cette 69ème édition. Pourtant, malgré ces craintes et ces quasi-certitudes de défaite artistique, personne ne s’attendait à rejeter aussi fortement un long-métrage honteusement indécent, aujourd’hui programmé comme une vulgaire sortie technique.

L’illusion de ces retrouvailles entre Sean Penn (venu quinze ans plus tôt sur la Croisette avec The Pledge) et Cannes aura été de courte durée : en une petite minute, les moindres espérances seront réduites à peau de chagrin devant l’ampleur des dégâts. Dès la première phrase, affreux parallèle entre la brutalité d’une guerre et un amour contrarié, le ton est donné : lourdeurs, aberrations et raccourcis composeront un film qui s’enfonce dans une approche humanitaire simpliste. A mesure que The Last Face avance, sombrant ainsi dans l’horreur cinématographique, la consternation se fait de plus en plus présente tandis que l’agacement augmente d’un cran à chaque nouvelle séquence insensée.

Impossible de prendre au sérieux ce mélodrame pataud aux élans lacrymaux insupportables quand Javier Bardem et Charlize Theron partagent des étreintes à la sensualité digne d’une pub Cacharel. L’ensemble sent, en effet, beaucoup trop le parfum pour rendre compte de la violence d’un tel conflit et lui offrir le traitement qu’il mérite. En lieu et place, quatre acteurs aux brushings impeccables (dont les pauvres Jean Reno et Adèle Exarchopoulos, peu aidés par des personnages terriblement écrits) se débattent avec des dialogues risibles, sources d’improbables fous rires à défaut d’être reçus au premier degré.

Peut-être trop amoureux de Charlize Theron au moment du tournage (qu’il filme sous toutes les coutures jusqu’à l’overdose), Sean Penn a laissé la subtilité au placard dans une réalisation à l’épate où chaque mouvement de caméra semble appuyer un sentimentalisme douteux. Et si le rire nous occupe durant une bonne partie de la séance, c’est, en définitive, la colère qui prédomine en voyant l’atrocité d’une guerre devenir prétexte à une romance mièvre. Multipliant des visions macabres aussi écœurantes que démonstratives, le cinéaste cède ainsi à une complaisance qui suscite l’exaspération. Sean Penn a, dès lors, beau se rêver en héritier de Terrence Malick, il n’est finalement que le réalisateur d’un navet de luxe écrit par un auteur de la collection Harlequin.

La fiche

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THE LAST FACE
Réalisé par Sean Penn
Avec Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos… 
Etats-Unis – Dramatique

Sortie en salle : 11 janvier 2017
Durée : 131 min

 




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Pierre vivetMarla Singer Auteurs de commentaires récents
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Marla Singer
Invité
Je n’ai même pas envie de le voir, celui-là… La bande-annonce me paraissait déjà douteuse… Et il y a plein d’autres films à voir !
Pierre vivet
Invité

je suis allé le voir par curiosité, pour me faire ma propre idée après ce que j’avais lu, cette déconfiture cannoise pour S.PENN. Mon avis : incroyable que des gens aient eu l’idée de ce film, qu’ensuite des gens aient décidé d’y participer ( quoique l’argent rend facile certaines choses ), qu’il ai pu être monté sans que personne ne  » tilt « , qu’il ait fini à Cannes et qu’enfin il soit dans nos cinémas… C’est effectivement un monument d’indécence, de crasse, il m’a donné envie de vomir. Des gens massacrés et dans le désarroi comme décor à une histoire… Lire la suite »