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ROME, SAISON 2

 

HBO – BRUNO HELLER | USA | 10×55 MIN | 2007 | RAY STEVENSON, KEVIN McKIDD, POLLY WALKER

Rome, 44 avant J.-C., César est à terre, assassiné par Brutus : le bras vengeur du fils n’est que le prolongement de l’action des membres de la conspiration menée par Servilia. Vorenus, nommé sénateur par l’empereur assassiné, retrouve Niobé, son épouse, morte au pied de leur demeure, et bascule dans la folie. De leur côté, Titus Pullo et Eirene, loin des horreurs de la ville, semblent prendre un nouveau départ. Le siège vacant du Sénat laisse la cité en proie à une lutte de pouvoir sans merci pour le contrôle de l’empire.

Après une première remarquable en tous points, la deuxième saison de Rome tarde à démarrer et se traîne un peu lors des trois premiers épisodes – difficulté pour les scénaristes à ajuster les différentes intrigues dans une période historique confuse suivant la chute de César. Puis, Pullo, accompagné de son adorable épouse, revient à Rome et aide Lucius à se reprendre et reconquérir ses enfants, les têtes du pouvoir se stabilisent et l’ambitieux Octave commence à annoncer la couleur (jusqu’à devenir un monstre, n’ayons pas peur des mots), n’en déplaise à Marc-Antoine. Car il faut bien le reconnaître, lors de ce début de saison, l’absence de Ciaran Hinds – charismatique César finalement assassiné à la fin de la saison 1 – se fait cruellement sentir. Mais ce chaos et les errances hiérarchiques et scénaristiques étaient nécessaires pour traduire le contexte de l’époque.

Cette seconde saison dévoile donc les démêlés de Octave César et Marc-Antoine face aux ambitions du traître Brutus contre lequel ils finissent par s’allier afin de récupérer le pouvoir. Dans la série, les bons deviennent parfois les mauvais et vice-versa – à l’image de Atia et Servilia. Difficile de prendre parti lorsqu’on commence à pencher pour l’un des protagonistes, un évènement venant bousculer nos opinions et contester l’intégrité de tel ou tel personnage. Dans leurs derniers instants, certains deviennent même touchants alors qu’ils n’évoquaient que la révulsion ou le dédain jusqu’alors…

Rome continue donc de nous captiver autour de ses enjeux politiques, familiaux et sentimentaux et un sens du réalisme toujours aussi indéniable. Malgré les contraintes (12 épisodes prévus ramenés à un total de 10 pour boucler le tout) et le nécessité de régler les storylines plus rapidement – avec quelques ellipses plus ou moins importantes – la série se conclue de façon cohérente et sur une dernière scène d’une simplicité qui tranche face au reste du dernier épisode, riche en évènements dramatiques. Rome reste à la hauteur de sa réputation : ambitieuse, osée, spectaculaire, subversive et instructive. Plus noire et encore plus brutale que la précédente, la saison 2 de Rome ne peut que nous faire regretter les trois saisons qui auraient pu et dû suivre… 

En deux saisons et seulement 22 épisodes, la série Rome est parvenue à se hisser au rang de série culte et de petit chef d’œuvre de la télévision, côtoyant désormais les Six Feet UnderOz et Les Soprano, elles aussi issues de la chaîne HBO. Gros regret toutefois, celles-ci avaient duré plusieurs années et eu le temps de prendre toute leur ampleur alors que Rome n’aura finalement bénéficié que de seulement deux années alors qu’il y avait encore de quoi faire. Les lois du marché sont à nouveau impitoyables et la rentabilité aura eu raison de la qualité indéniable du show, bien meilleur que de nombreux longs métrages.

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Eolune
Invité
C’est vrai que même si on sent l’urgence de conclure, la saison reste vraiment intéressante. On regrettera vraiment qu’il n’y ait pu y avoir une saison 3.

POSTÉ PAR EOLUNE, 26 AVRIL 2008 À 11:38

Dasola
Invité
C’est effectivement la meilleure série que j’ai vue depuis longtemps. J’ai été captivée. Rien que le générique est génial.

POSTÉ PAR DASOLA, 26 AVRIL 2008 À 15:23

Benoît
Invité
audra bien que je m’y attaque un jour à cette série !

POSTÉ PAR BENOÎT, 04 MAI 2008 À 14:54

Sylkarion
Invité
Bien belle série que Rome en effet. J’ai même envie de dire qu’elle enterre pas mal de péplums, ménageant le côté action en se focalisant réellement sur les coulisses du pouvoir, les magouilles et autres conspirations ainsi que leurs conséquences directes sur le citoyen romain lambda. Bravo aux scénaristes.

POSTÉ PAR SYLKARION, 09 MAI 2008 À 12:19

NainDien
Invité
NainDien
J’ai aimé cette série, même si je ne peux m’empêcher d’éprouver un peu de tristesse en me disant que c’est le budget énorme de Rome qui a mis fin à la Caravane de l’étrange.

POSTÉ PAR NAIN DIEN, 10 MAI 2008 À 14:18

trackback
[…] phares de la chaîne HBO (des Sopranos à Game of Thrones, en passant par Six Feet Under et Rome), transporter cet univers dans une atmosphère […]
trackback
[…] Duncan (revue récemment dans Il était temps et jadis excellente en Servilia dans la série Rome), Roger Michell en oublie de faire un film en se contentant d’accumuler les […]