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R

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Assez bon

Rune est un jeune criminel qui vient d’arriver en prison. Il découvre ce nouveau monde régi par les codes et les missions à exécuter. Réduit à néant, il n’est désormais qu’un numéro, que la lettre R.

L’enfer c’est les autres

L’univers carcéral inspire régulièrement les scénaristes du grand et du petit écran. On se souvient des séries Oz ou Prison Break à la télévision, des films cultes L’évadé d’Alcatraz et The Shawshank redemption, ainsi que du sacre d’Un prophète de Jacques Audiard révélant le comédien Tahar Rahim. Actuellement, on peut également suivre la série de Netflix Orange is the new black, récemment nominée aux Golden Globes. R vient s’inscrire dans la lignée de ces productions célèbres avec un budget plus réduit et en affichant une humilité de propos véritable et féroce.

Pas d’histoire d’évasion ou d’uniformes orange dans R. Comme dans le fulgurant Dog Pound de Kim Shapiron, le spectateur découvre Rune, le personnage principal, au moment où il entre dans l’établissement pénitentiaire pour y purger sa peine. Portes qui se verrouillent, fouille corporelle poussée, arrivée dans la cellule et confrontation avec les co-détenus. Rune sait qu’il devra courber l’échine pour obtenir la protection d’un clan. Il ne dit donc mot lorsqu’un costaud se sert et lui subtilise son matelas. Le jeune délinquant sera un parfait lieutenant tant qu’il n’aura aucun atout à faire valoir. 

Après le succès d’estime des longs-métrages Hijacking de Tobias Lindholm et Northwest de Michael Noer – dont nous vous parlions l’an dernier sur ce site – le distributeur KMBO a décidé de sortir en salles le long-métrage que les deux acolytes danois avaient réalisé en 2010. C’est donc avec quatre ans de retard que les français peuvent découvrir ce drama rendant compte de la réalité des prisons danoises avec un réalisme rappelant le cinéma social britannique. 

Pour camper Rune, les deux cinéastes ont choisi Pilou Asbæk, que Lindholm embauchera de nouveau plus tard pour interpréter le matelot séquestré dans Hijacking. Le comédien danois se montre à nouveau très crédible avec une interprétation ne cherchant pas la performance. À ses côtés, on retrouve deux autres comédiens déjà aperçus dans les longs-métrages de Noer et Lindholm : Roland Møller incarne le grand manitou de la prison et Dulfi Al-Jabouri le futur complice de Rune. 

Film sans concession dans un style toujours proche du documentaire, R s’attache à restituer avec authenticité le cadre de vie des prisonniers danois et le fonctionnement de cette mini-société. Tournée dans une prison récemment fermée avec la participation d’anciens détenus y ayant séjourné, le rendu à l’écran n’en est que plus réaliste. Si R ne cherche pas le romanesque comme certains illustres ancêtres, il offre une plongée troublante dans l’oppressant quotidien des prisons danoises avec quelques rebondissements et partis pris narratifs surprenants. Si le film souffre parfois de la relative simplicité de son intrigue, la restitution à l’écran des enjeux de la survie carcérale et l’impeccable prestation de son interprète principal font font de ce long-métrage une oeuvre méritant assurément le détour. тном ряи.

La fiche
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R
Réalisé par Tobias Lindholm, Michael Noer
Avec Pilou Asbaek, Dulfi Al-Jabouri, Roland Møller
Danemark – Drame carcéral
15 janvier 2014
Durée : 99 min




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dasola
10 années il y a

Bonjour Wilyrah, j’ai aussi trouvé ce film très « prenant ». Cela m’a bien évidemment rappelé Un prophète mais en beaucoup noir et désespéré. A voir. Bonne fin d’après-midi.

trackback
10 années il y a

[…] le notable R de Tobias Lindholm et Michael Noer, sorti en début d’année, l’année 2014 nous offre […]

bruno31100
bruno31100
10 années il y a

pas vu et je le regrette; en rattrapage un jour sur Canal Plus qui sait ?

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