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MONSIEUR LAZHAR

7
Touchant

A Montréal, Bachir Lazhar, un immigré algérien, est embauché au pied levé pour remplacer une enseignante de primaire disparue subitement. Il apprend peu à peu à connaître et à s’attacher à ses élèves malgré le fossé culturel qui se manifeste dès la première leçon. Pendant que la classe amorce un lent processus de guérison, personne à l’école ne soupçonne le passé douloureux de Bachir, qui risque l’expulsion du pays à tout moment.

Quatrième film canadien de l’année, quatrième réussite. Après StarbuckLaurence Anyways et Café de Flore, un autre long-métrage venu du pays des caribous et du sirop d’érable vient enchanter l’actualité cinématographique de cette année 2012. Les films sur l’enseignement sont nombreux et ils tombent souvent dans la complaisance en nous plongeant dans l’univers scolaire de façon assez caricaturale (DetachmentEsprits rebelles…) ou idéalisée (Être et avoir), lorsqu’il ne tombe pas dans la nostalgie réac’ à vomir (Les choristes). Ils peinent le plus souvent à viser juste à trop chercher à jouer sur la corde sensible : qu’il est mignon ce petit garçon, dis donc qu’il est méchant le petit garçon, qu’elle est peste cette petite fille, oh regarde cette jolie bouille ! Ainsi de suite. Dans Monsieur Lazhar, il y a de la sensibilité mais elle est subtile et touchante. Philippe Falardeau réalise un film pudique, poétique et sensible qui ne cherche pas à créer des enjeux scénaristiques là où il n’y en a pas ou à vouloir tout conclure en ratissant le plus large possible. Ici, l’humilité (ou le manque d’ambition) de son auteur est justement sa plus belle réussite. Bien entendu, cela ne rendra pas son film incroyablement mémorable mais il nous permet de suivre avec enchantement l’histoire de cet enseignant algérien exilé qui débarque au Québec avec toute la volonté du mal, beaucoup de bienveillance mais également une bonne dose de maladresse qui le rendent terriblement attachant. Le choc des cultures et le choc des générations dépeints avec habileté et justesse. Faites vous plaisir pour la rentrée !

PHILIPPE FALARDEAU | CANADA | 95 MIN | 5 SEPTEMBRE 2012 | MOHAMED FELLAG, SOPHIE NELISSE, EMILIEN NERON



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Entretien avec Suzanne Clément | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAGABRIELLE | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMA[récap] LES BLEUS DE 2012 : LES BONS FILMS « LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAClaireFred Auteurs de commentaires récents
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Fred
Invité
Un film parfait pour toi !
Claire
Invité
Je devrais écrire sur ce film assez rapidement.
Poignant, tout en retenue et pudeur.

En effet, Laurence Anyways aura marqué cette année aussi.

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