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MAGIC IN THE MOONLIGHT

3
Insipide

Stanley – alias Wei Ling Soo – est un magicien et illusionniste britannique qui vit dans les années 1920 sur la French Rivera. Rationaliste, il est amené par un vieil ami, illusionniste comme lui, sur la Côte d’azur — où il retrouve une vieille tante qu’il aime beaucoup — : il s’agit de démasquer Sophie (Emma Stone), une médium soupçonnée d’arnaquer une riche famille, dont Sophie a séduit l’hériter.

Où est la magie ?

Depuis une décennie, Woody Allen s’offre des vacances aux quatre coins de l’Europe : Londres, Rome, Barcelone, Paris… Chaque fois, à l’exception peut-être du très bon Match Point, ce bon vieux Woody ne semble proposer guère plus qu’une jolie carte postale… Ce doux rêveur, jadis attachant, réutilise à l’infini ses vieilles combines pour nous servir continuellement le même film : une romcom faiblarde dans un cadre touristique pittoresque. Parfois le charme opère, discrètement. Mais souvent, il n’y a que l’ennui et un triste sentiment de déjà-vu. C’est le cas de ce Magic in the moonlight, tourné dans le sud de la France. Allen reprend un thème qui lui est cher, la magie, et nous sert dès les premières images un long-métrage sans inspiration, aussi insipide et soporifique que les notes de jazz qui l’accompagnent. 

À chacun de ses métrages, Woody se cherche un alter-égo, un comédien farfelu capable d’incarner à l’écran cette excentricité gauche qu’il n’a désormais plus l’énergie d’endosser devant la caméra. Ainsi, Jesse Eisenberg, Owen Wilson, Larry David ou encore Jason Biggs se sont récemment retrouvés à interpréter le rôle archétypal du mec romantique, maladroit, verbeux et un brin agaçant dont raffole Woody Allen. Pour son nouveau film, le cinéaste new-yorkais a décidé de miser double en saupoudrant son tandem principal de ses critères comportementaux fétiches. Emma Stone et Colin Firth deviennent ainsi les bouffons du roi Woody le temps d’un métrage convenu racontant la rencontre (supposée) électrique entre un prestidigitateur arrogant et grincheux et une jeune femme visiblement dotée de dons divinatoires. 

Malgré toute l’affection que l’on peut avoir pour Colin Firth (brillant dans A Single Man et Le discours d’un roi) et Emma Stone (irrésistible dans Easy A et Crazy, Stupid, Love), on ne peut qu’être ennuyé de les voir gesticuler de la sorte, abandonnés par un metteur en scène bâclant son travail avec une frénésie aussi agaçante que décevante. Avec l’âge, Woody Allen ne cherche plus qu’à se faire plaisir mais personne n’a le cran de lui notifier qu’il serait peut-être temps d’envisager la retraite – un peu comme cet aïeul qui commencerait à radoter mais que l’on n’oserait interrompre de peur de lui faire de la peine. 

La fiche

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MAGIC IN THE MOONLIGHT
Réalisé par Woody Allen
Avec Colin Firth, Emma Stone, Marcia Gay-Harden
Etats-Unis – Comédie
Sortie en salles : 22 Octobre 2014
Durée : 98 min




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[…] new-yorkais s’est avéré être l’un des plus faibles de sa prolifique filmographie (voir notre critique du film). La soirée s’est donc terminée sur un sentiment de déception… Celle-ci devrait […]
ChonchonAelezig
Invité
Je suis tellement fan que je fais partie de ceux qui lui pardonnent encore et toujours. Et puis l’avant-dernier, Blue Jasmine, a cartonné (même si, perso, j’ai été déçue). Son cinéma a toujours été un peu inégal, et je comprends ça fort bien de la part d’un artiste : ils sont mus par la « nécessité » d’œuvrer, tout le temps ; mais ça ne donne pas que du bon.
Christoblog
Invité
Impossible d’être plus d’accord : même note, même choix de photo pour l’illustration de l’article, même appréciation. Merci. Bravo. Et quand je te dis ça, je me le dis à moi aussi. http://www.christoblog.net/2014/10/magic-in-the-moonlight.html
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[…] Magic in the moonlight – Woody Allen […]