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Mads Mikkelsen | Entretien

Avant la sortie en salle de The Salvation de Kristian Levring, nous avons eu le privilège d’interviewer Mads Mikkelsen, quelques minutes avant la présentation du film sur les Champs Elysées. Désormais mondialement connu pour son incarnation d’Hannibal, le comédien danois n’a pourtant pas attendu de briller sous les traits du plus célèbre des cannibales pour se bâtir une solide carrière faite de riches collaborations et de projets audacieux. Ce bref entretien fut l’occasion d’évoquer quelques souvenirs du tournage de ce western, de faire un rapprochement avec ses précédents rôles, de le questionner sur ses choix de carrière ainsi que son nouveau projet avec le talentueux Anders Thomas Jensen…

Tout d’abord, nous allons parler de The Salvation et plus précisément du tournage. Quels souvenirs en gardez-vous ? Avez-vous eu besoin de beaucoup de préparation pour ce rôle : entraînement physique, maniement des fusils anciens, déplacements à chevaux ?

Je commence à avoir l’habitude de monter à cheval, j’ai pu améliorer ma pratique aux travers des différents rôles que j’ai pu tenir. Cela n’a pas toujours été évident. Mais pour The Salvation, cela s’est très bien passé, ça ressemblait presque à une promenade dans un parc. Je n’avais que trois ou quatre scènes où je me déplaçais à cheval. Au final, j’ai trouvé ça très agréable et ce cheval était particulièrement malléable. J’avais presque envie de l’adopter à la fin du tournage, cet animal était adorable… Pour ce qui est des armes, c’est un peu pareil. J’ai eu à utiliser différentes types d’armes dans ma carrière (et ma vie) même si ce n’était pas des fusils de cowboy… Dans ce cas, il y avait quelque chose d’esthétique. Bien sûr, utiliser une arme est quelque chose de terrible. Mais dans un film ça peut prendre une dimension très forte, il y a un sentiment élégant de pouvoir. Et puis ces armes d’époque que nous avions grâce à Kristian étaient magnifiques et ont contribué à renforcer l’esthétique du film.

Quelles ont été les scènes les plus éprouvantes à tourner dans The Salvation ?

Les scènes les plus difficiles ne sont pas forcément celles qui sont les plus fortes émotionnellement ou physiquement. Lorsque l’on est bien dirigé, que c’est bien écrit, c’est plutôt facile. Quand j’y repense, je n’ai pas l’impression que c’était un film particulièrement éprouvant à tourner. Bien sûr, je dois avouer que rester ligoté à la poutre pendant des heures n’était pas des plus agréables… Mais le reste du temps, ce fut un véritable plaisir.

Il y a dans ce rôle quelques similarités avec certains de vos précédents rôles. Je pense notamment à Michael Kohlhaas qui se bat pour obtenir justice. Est-ce que cet élément vous est venu à l’esprit lors du tournage ?

Non, pas forcément. Bien sûr, il y a des points communs entre les deux films : il y a de très beaux paysages, ce sont deux films épiques, Michael Kohlhaas est une sorte de western, comme The Salvation. De plus, il s’agit aussi de l’histoire d’un homme qui veut obtenir justice pour ce qu’il a perdu. Mais les deux personnages sont assez différents, ils se révoltent d’une façon très différente… John (dans The Salvation) est un homme honorable qui se retrouve entraîné dans des circonstances qu’il ne peut pas contrôler tandis que Michael (Kohlhaas) est quelque part responsable de ce qui lui arrive par la suite – même si c’est un individu très noble dans ses principes au départ.

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C’est la seconde fois que vous tournez avec Eva Green et toujours aucun mot échangé à l’écran. C’est une coïncidence amusante, non ?

C’est vrai, ce n’est pas la première fois qu’on me fait cette remarque… Dans le film que nous avions tourné précédemment, nous ne nous étions quasiment pas adressé la parole (Mads Mikkelsen et Eva Green ne communiquent pas dans leurs séquences communes de Casino Royale, ndlr). Et dans celui-ci… je ne lui dis pas un mot non plus ! On pourrait dire que nous avons eu une relation presque fraternelle. Mais Eva est une femme magnifique et une comédienne fantastique avec qui j’ai apprécié de retravailler.

Malgré votre renommée internationale, vous continuez de tourner dans d’intéressants films européens à petit budget comme The Salvation. Votre notoriété vous permet-elle d’avoir plus de liberté en termes de choix artistiques ?

Oui, je pense. J’ai grandi au Danemark et j’ai eu l’occasion d’y faire de belles choses. Mais j’ai effectivement désormais aussi l’opportunité de travailler au Canada, en Allemagne ou en France. Je me sens véritablement privilégié de pouvoir m’engager dans de tels projets. J’espère l’avoir mérité mais je reste très reconnaissant de la chance que j’ai de pouvoir m’impliquer dans des oeuvres aussi différentes à travers le monde.

Dans notre jeunesse, tous les cinémas danois projetaient des films français ! De nos jours, c’est un peu différent… Le marché a beaucoup changé.

Vous avez une relation particulièrement privilégiée avec Anders Thomas Jensen. Il vous a dirigé à trois reprises (Lumières dansantes, Les bouchers verts et Adam’s apple), vous avez également tourné de nombreux métrages dont il avait rédigé le scénario. Vous venez de terminer le tournage Men & Chicken, son 4e long-métrage dont vous avez à nouveau l’un des rôles principaux. Que pouvez-vous nous dire de cette nouvelle collaboration ?

Men & chicken est à nouveau un film plutôt fou. Forcément, avec Anders Thomas. Avec ses premiers films, nous avions embarqué le spectateur dans des chemins un peu troubles. Avec Men & Chicken, nous avons mis la barre encore plus haute. C’est véritablement barré et je suis impatient d’en voir le résultat quand le film sortira.

La question bonus :

Vous avez tourné deux films français jusqu’à présent : Michael Kohlhaas, que nous avons cité précédemment, mais aussi Coco Chanel & Igor Stravinsky. Il y a-t-il d’autres cinéastes français avec lesquels vous aimeriez travailler ? 

C’est toujours assez délicat de répondre à une telle question. Si je vous réponds en citant un cinéaste en particulier, cela peut donner l’impression qu’on ignore tous les autres. J’aimerais tourner avec n’importe lequel d’entre eux. Avec Kristian (Levring), nous avons vu beaucoup de films français dans notre jeunesse. Au Danemark, tous les cinémas projetaient des films français. De nos jours, c’est un peu différent. Le marché a beaucoup changé, les gens regardent majoritairement des films américains. Mais j’ai grandi avec le sens du réalisme et de la poésie du cinéma français et nous avons la chance d’avoir pu en partie la conserver en Europe. Travailler à nouveau avec un cinéaste français serait fantastique, si l’occasion se présente.

Propos recueillis par Thomas Périllon pour Le Bleu du Miroir le 26 Août 2014, à Paris. Les réponses ont été traduites et éditées pour la retranscription écrite. Remerciements : Matthieu Rey et Mounia Wissinger (presse) et Jour 2 Fête (distribution).

Nous avons eu l’opportunité de rencontrer plus longuement le réalisateur, Kristian Levring. Découvrez notre entretien


La fiche
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THE SALVATION
Réalisé par Kristian Levring
Avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan
Danemark, Grande Bretagne – Western
27 Août 2014
Durée : 102 min




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[…] Notre entretien s’est terminé sur cette question mais vous pouvez retrouver d’autres questions/réponses sur un site qui était également présent lors de l’événement : http://www.lebleudumiroir.fr/entretien-avec-mads-mikkelsen/ […]
dasola
Invité
Bonjour, merci pour pour cet interview de Mads, un de mes acteurs chouchous (il est mignon tout plein, soupir…). Bonne après-midi.
ChonchonAelezig
Invité
Ca devient de plus en plus pro, ce site… J’ai même vu un article dans Studio Ciné Live.
J’ai peur que vous perdiez votre âme en entrant « vraiment » dans le milieu du cinéma, pression, pubs, etc. Ce serait dommage…
ChonchonAelezig
Invité
Cool, voilà qui me rassure ! 🙂
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