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NO PAIN NO GAIN

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Abrutissant

BASÉ SUR UNE HISTOIRE VRAIE ET INSPIRÉ D’ARTICLES DE PRESSE PARUS DANS LE « MIAMI NEW TIMES », PAIN AND GAIN SUIVRA LES AVENTURES CRIMINELLES DU « SUN GYM GANG ». COMPOSÉ DE BODYBUILDERS DOPÉS AUX ANABOLISANTS, LE GANG S’EST RENDU CÉLÈBRE ENTRE DÉCEMBRE 1999 ET JANVIER 2000 PAR SES MULTIPLES VOLS, ENLÈVEMENTS ET MEURTRES.

No Brain No Gain

Projet en chantier depuis près de dix ans, Pain and Gain s’inspire d’articles rédigés par le journaliste de Miami, Pete Collins. Celui-ci s’est en effet intéressé à cette histoire vraie de bodybuilders devenus criminels pour l’appât du gain. True story. Il s’agit d’une histoire inspirée de faits réels. Les auteurs du film mettent d’ailleurs le paquet sur cet argument en le martelant constamment pendant le film (et pas seulement en début de bobine), comme pour légitimer leur production outrancière qui en rajoute des tonnes pour créer un effet d’incrédulité chez le spectateur. Malheureusement, cela ne fonctionne absolument pas. Resté de marbre devant No Pain No Gain, perdant progressivement l’usage de mes yeux et de mes oreilles devant un spectacle hystérique, taillé à la hache avec une armada d’acteurs surjouant à outrance, son visionnage a progressivement viré au calvaire.

Certains serviront alors l’éternel speech du « c’est fait exprès, c’est le rôle qui veut ça » pour pardonner à l’insupportable Mark Wahlberg un énième choix de carrière douteux (il espère certainement rejoindre Nicolas Cage au rayon des acteurs abonnés aux navets) et une prestation navrante où il passe l’essentiel de son temps à japper comme un doberman. Plus généralement, c’est l’ensemble du cast qui en fait des tonnes pour rendre leur personnage plus ridicule qu’il ne l’est déjà – comme si, de base, un bodybuilder n’était pas fondamentalement grotesque. Anthony Mackie cabotine continuellement tandis que le déjà-musclé Dwayne Johnson (The Rock) essaie de fusionner plusieurs personnalités en même temps (drogué, gay refoulé, croyant, sentimental…), alors que ce pauvre Tony Shalhoub ne suscite rien d’autre que du dégoût et de l’ennui avec une prestation bien faiblarde. Seuls Ed Harris et Rebel Wilson récupèrent une minute d’attention, le premier assurant le minimum syndical avec sobriété, la seconde provoquant les seuls sourires véritables du film. 

En sortant de la salle, on s’interroge sur l’intérêt d’un tel long-métrage. Hollywood manquant terriblement d’inspiration, lorsqu’on n’adapte pas un roman ou une saga de littérature jeunesse qu’il sera possible de décliner en plusieurs volets d’une franchise lucrative, on se rabat régulièrement sur la mise en image d’un fait divers (braquage, meurtre, enlèvement…). Sofia Coppola nous avait récemment ennuyés à mourir avec son histoire d’ados cambrioleurs de maisons de starlettes, Michael Bay prend le relais avec cette affligeante histoire d’enlèvement qui ne pouvait que mal tourner (beaucoup de muscles et peu de neurones). Un film qui aurait du rester au placard mais qui a finalement obtenu son financement, à l’heure des Anges de la réalité et autres Ch’tis. Etait-ce encore nécessaire de nous rabâcher combien l’Homme peut être stupide et superficiel ? 

Quoiqu’il en soit, l’influent Michael Bay a essayé de mettre en scène cette affaire rocambolesque et brutale, souhaitant y insuffler un peu de recul et de second degré. Malheureusement, le metteur en scène n’a jamais su rien produire d’autres que des longs-métrages gueulards et testostéronés dignes des programmes MTV. Les aficionados du plus grand bourrin d’Hollywood répliqueront que c’est volontairement régressif, comparant sa démarche à celle d’un Tarantino ou aux frères Coen. Et la marmotte, dans tout ça…

Si vous tenez à vos tympans et à vos rétines, évitez cette consternante série B(ay) qui se veut jouissive et décalée dont les effets secondaires sont une détérioration des facultés auditives de ses spectateurs au lieu de l’hilarité qu’elle espérait grossièrement déclencher.

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NO PAIN NO GAIN

RÉALISÉ PAR MICHAEL BAY

USA – 129 MIN – COMÉDIE LOURDINGUE

AVEC MARK WAHLBERG, DWAYNE JOHNSON

11 SEPTEMBRE 2013




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[…] Les flingueuses me laissent très sceptique et agacé, comme je le fus en sortant du consternant No Pain No Gain (en salles le mois prochain). Pourtant, il faut reconnaître que l’énergie de The Heat […]
mymp
Invité
Pfff… Et pour ta gouverne, c’est Emmerich le plus gros bourrin !
romainparis
Invité
Bon, finalement je n’ai pas de regrets de n’être allé à l’avant première 😉
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[…] de scènettes ringardes qui tournent en rond (et nous rappellent parfois l’hystérique No Pain No Gain), Julianne Moore entre enfin en scène, pour sauver les meubles. La brillante comédienne tire le […]
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[…] No Pain No Gain – Michael Bay […]