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TOUT EST POSSIBLE

La fiche

Réalisé par John Chester – Documentaire – Etats-Unis – 9 octobre 2019 – 1h32

John et Molly décident de quitter Los Angeles pour se lancer dans le développement d’une ferme écoresponsable.

La critique du film

Charmant documentaire autobiographique sur un couple californien idéaliste qui a développé une ferme durable sur une immense parcelle de terrain aride à Moorpark, au nord de Los Angeles, Tout est possible offre un regard divertissant et informatif sur ce qu’il faut pour construire et entretenir une exploitation performante, en montrant amplement que ces petites fermes sont les seules véritablement durables.

La première qualité du documentaire est que celui-ci évite le discours moralisateur (sur ce que vous devriez ou ne devriez pas manger), tout en montrant l’élaboration et l’évolution de leur projet, sans faire l’impasse sur les nombreux échecs en cours de route. En commençant par la tâche de revitalisation du sol, les Chester et leur équipe de stagiaires travaillent sur le long terme pour produire un écosystème complet, comprenant de nombreux types d’élevage et autant de variétés de cultures différentes qu’ils peuvent gérer. Alors que leur entreprise commence à porter ses fruits, la nature joue les imprévisibles et commence à créer des obstacles : des oiseaux mangent les fruits des vergers, des escargots détruisent les feuilles et des coyotes qui tuent davantage qu’ils ne mangent.

Certains pourraient craindre un nouveau documentaire animalier beau mais un brin ennuyeux, il n’en est rien. Si John Chester est un cadreur indéniablement doué et expérimenté, il ne faut pas s’imaginer un « Disney Nature » bien-pensant et/ou aseptisé. En effet, certaines scènes ne conviendraient pas aux plus jeunes enfants, n’éludant pas la cruauté d’une nature n’obéissant pas à un principe de bien ou de mal, mais à une loi des conséquences supérieure.

Tout est possible

« Observez profondément la nature et vous aurez une meilleure compréhension de tout. »

Mais si Tout est possible mérite assurément la découverte, c’est qu’il propose une fantastique illustration de l’incroyable beauté indomptable de celle-ci, de ces possibilités infinies qu’offre la complexité de la nature, comme « des métaphores non seulement de la manière dont on vit, mais également de la façon dont on affronte les obstacles ». Il est aussi exaltant de voir ce couple qui travaille dur manifester ses rêves d’une spiritualité terrestre et bienveillante, prenant soin de leur chien adopté Todd, de la truie nourricière nommée Emma (et de ses 17 porcelets) et du coq solitaire (Greasy) qui se couche auprès d’elle. Enfin, la photographie somptueuse de John Chester, qui suit la vie de la ferme sur une période de sept ans, rend hommage de manière créative à l’abondance et la beauté des terres agricoles, des arbres, des plantes et de la faune.

Ainsi, on n’a qu’une envie : remercier John Chester et son épouse Molly, tant pour leur audace que pour le fait d’avoir partagé cette formidable aventure humaine doublée d’une fable écologique réjouissante. Cette ode aux rythmes naturels de la vie, de la mort et de la régénération, certes un brin idéalisée, se révèle terriblement inspirante face à l’immensité du challenge qui attend cette génération et celle à venir. À une époque où la technologie et le matériel sont pour certains des indicateurs de succès, Tout est possible propose une vision plus traditionnelle de la vie, fondée sur ce que la terre peut donner, quelle que soit sa forme.



Bande-annonce

Deauville 2019 // Au cinéma le 9 octobre