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TEEN SPIRIT

La fiche

Réalisé par Max Minghella – Avec Elle Fanning, Zlatko Buric, Rebecca Hall – Drame, musical – Etats-Unis – 26 juin 2019 – 1h36

Violet, une adolescente passionnée par le chant, rêve de quitter sa petite ville et de devenir pop star. Affublée d’un mentor improbable, elle participe aux auditions de TEEN SPIRIT, un télé crochet musical national, une expérience qui mettra à l’épreuve son intégrité, son talent et son ambition…

La critique du film

D’un côté, une jurée du dernier festival de Cannes, actrice star chez Steven Spielberg ou Nicolas Winding Refn ; de l’autre un acteur remarqué et fils de grand réalisateur. L’association Fanning / Minghella avait de quoi attirer le regard égaré du cinéphile en manque de nouvelles sensations en ces fortes chaleurs estivales. Un premier film est d’autant plus un moment privilégié pour appréhender un regard, de voir comment l’acteur devient auteur autour d’une vraie star montante de notre époque. Max Minghella mise tout sur son actrice : Elle Fanning est de chaque plan, c’est sa silhouette qui souligne chaque instant du film.

L’histoire est simple : Violet s’ennuie sur son île britannique isolée, dans une vie qu’elle partage avec une mère possessive qui lui laisse peu de marge de manœuvre à un âge où l’envie de brûler chaque instant se fait sentir sans cesse. Le chant est son seul plaisir, une évasion pratique de la vie de lycéenne qui, déjà, travaille beaucoup pour aider sa famille à subsister en l’absence d’un père démissionnaire. Un télé-crochet et un mentor autrefois connu incarnent une planche de salut bien pratique.

Une fois ce tableau dressé, on ne peut que se rendre à l’évidence : qu’est ce qui a bien pu passer à l’esprit d’Elle Fanning pour aller se perdre dans ce Teen Spirit, histoire qui rappelle étrangement les balbutiements de la récupération de la télé-réalité sur grand écran ? Max Minghella ne creuse rien, ni l’écriture de ses personnages, ni sa mise en scène, ne faisant preuve d’une absence d’ambition qui est très problématique. Le film rappelle d’autres long-métrages de triste mémoire comme le Bouge !  de Jérome Cornuau, avec Ambre Boukebza et Ophélie Winter, qui célébrait la génération « Dance machine », sorte de précurseur de la génération « lofteurs » qui allait suivre au siècle suivant. L’ambition était la même : devenir une célébrité de la chanson par le biais d’une émission télévisée, avec un fond social pour rattraper le coté trop superficiel du cocktail. Si l’analogie peut paraître grossière au regard des différences de casting, le résultat est pourtant bien proche. Teen spirit s’arrête à chaque fois qu’il devrait commencer, en témoigne le personnage de Vlad, au passé à peine esquissé et qui semblait pourtant chargé d’un grand potentiel.

En résumé, le premier film du fils d’Anthony Minghella ne réussit jamais à atteindre son objectif, émouvoir le public. Sa success story parait bien trop évidente pour sonner juste et, malgré le fait qu’Elle Fanning interprète les quelques chansons choisies par son personnage, on reste constamment à coté de l’action, frustré de rester à ce point à distance des histoires intimes de chacun. Au début du film, une ou deux scènes montrent Violet chantant dans un petit bar de son île, en proie aux foudres maternelles et au danger des hommes croisés sur le chemin du retour. C’est un des rares moments où il aurait pu se passer quelque chose échappant au schéma préconçu de ce type de fiction. Il est dommage que ces instants n’aient fait que flotter dans une fiction qui n’arrive jamais trouver ni identité, ni à intéresser de quelque manière que ce soit son spectateur.



La bande-annonce

Au cinéma le 26 juin