film du mois_SEPT20

BILAN | Nos films du mois de septembre 2020

Chaque mois, les membres de la rédaction vous proposent leur film du mois, celui qu’il fallait découvrir à tout prix en salle ou dans votre salon (sorties SVOD, e-cinema…). Découvrez ci-dessous les choix de chaque rédacteur de Le Bleu du Miroir pour le mois de septembre 2020.



LE CHOIX DE THOMAS PÉRILLON

LES CHOSES QU’ON DIT, LES CHOSES QU’ON FAIT de Emmanuel Mouret

Avec Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, Emmanuel Mouret atteint le sommet de son art dans son évocation sentimentale plurielle. Des instants de grâce et des envolées lyriques qui envoûtent, une sophistication du verbe savoureuse et une distribution remarquable… C’est tout simplement magnifique.

Le choix de Florent Boutet

JOSEP d’Aurel

Magnifique témoignage par l’animation d’un moment charnière de l’histoire contemporaine, Josep est d’une richesse et d’une densité thématique hors norme. A la fois film historique, réflexion sur la mémoire et sur les affres du combat politique, c’est aussi un joyau de finesse sur la transmission, d’un grand père à son petit fils, d’une génération à une autre par le truchement de l’art.

Le choix d’Amandine Dall’Omo

Ema

EMA de Pablo Larrain

À travers son étonnant portrait de femme, Pablo Larrain personnifie le chaos sous les traits d’une chorégraphe aux cheveux péroxydés, irresponsable et avide de liberté. Dans un monde antipathique et profondément déloyal, Ema cherche à se (re)placer au centre de l’univers, autour duquel gravite la danse, la maternité et le feu. Une expérience sensorielle hors-norme et de déstabilisante, magnifiée par la composition urbaine de Nicolas Jaar et qui s’érige au sommet des plus grands films de l’année. 

Le choix de F-X Thuaud

HONEYLAND de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov

Aux petits soins pour sa mère grabataire et ses abeilles, Hatidže voit son équilibre bousculé par l’arrivée de nouveaux voisins, un couple et leurs neuf enfants. Ce qui sidère dans ce film, c’est la capacité des deux réalisateurs à faire entrer l’Humanité entière dans la montagne macédonienne. En trois actes, l’harmonie, le chaos, la solitude, Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov abordent des questions aussi essentielles et existentielles que la famille, la relation à l’autre et à la nature. Honeyland montre les gueules tuméfiées de l’enfance, burinées de l’âge adulte, cassées de la vieillesse, la cruelle beauté d’un monde où le partage de valeurs ne va pas de soi. Il y avait le chemisier jaune de Joan Crawford (Johnny Guitar, Nicholas Ray, 1954), il y aura désormais celui de Hatidže, la petite apicultrice édentée au sourire resplendissant.

Le choix d’Eric Fontaine

STRIPPED de Yaron Shani

En complétant Chained et Beloved par un troisième volet arrivé en salle en ce mois de septembre, Stripped, Yaron Shani vient encore enrichir ses visions des rapports hommes femmes, de l’amour et de l’existence. Le regard qu’il porte nous est offert à l‘aide d’un travail avec les comédiens exigeant et spontané à la fois. Une authenticité et une émotion rares naissent de cette démarche qui trouve son accomplissement dans un cinéma inconfortable mais précieux par son intégrité et sa complexité.

Le choix de Fabien Genestier

LES CHOSES QU’ON DIT, LES CHOSES QU’ON FAIT de Emmanuel Mouret

Passé les premières minutes à s’habituer au style très littéraire des Choses qu’on dit, les choses qu’on fait, on se laisse facilement envelopper par l’émotion de ces récits amoureux hautement romanesques dans leur forme mais où les sentiments, les désirs, les dits et non-dits assènent, l’air de rien, leur vérité. Dominé par le duo Niels Schneider et Camelia Jordana, qui se livrent avec une touchante retenue, le film d’Emmanuel Mouret doit également beaucoup à ses personnages secondaires, dont le toujours plus surprenant Vincent Macaigne et la magnifique Emilie Dequenne, qui livre sûrement la prestation la plus émouvante du film.

Le choix de Tanguy Bosselli

HONEYLAND de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov

Probablement mon film de l’année, Honeyland est une réussite plastique et narrative incontestable, documentaire à la limite de la fiction tant son récit resserré semble inventé de toutes pièces. Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov réussissent un tour de force en parvenant à traiter de rapports humains et environnementaux tout en donnant une identité à ces montagnes nord-macédoniennes. Une expérience esthétique à vivre en salles tant qu’il est encore temps !

Le choix de Pierre Nicolas

HONEYLAND de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov

Splendide et immensément sensoriel, le documentaire Honeyland a tout d’une fable. Hatidze, autant par un déluge de bonté que par fatalisme, veille à l’équilibre écologique, mais aussi humain et social de son environnement. Tant dans le rapport aux abeilles, à l’argent, à ses voisins, c’est la cohabitation avec l’Autre, avec la Nature que raconte Honeyland. Devant les yeux de cette apicultrice aux techniques ancestrales, au fin fond de la Macédoine du Nord, c’est le monde entier et ses angoisses contemporaines qui paraissent se mouvoir.




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