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THE GRAND BUDAPEST HOTEL

5
Grisâtre

Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Tableaux volés

Après nous avoir enchantés avec Moonrise Kingdom, considéré par certains cinéphiles comme la synthèse fantaisiste de son cinéma à hauteur d’enfants, Wes Anderson revient sur grand écran pour nous raconter une nouvelle histoire. Le cinéaste, comme à son habitude, nous propose des séquences attachantes et amusantes, quelques plans soignés et une esthétique haute en couleurs fièrement revendiquée. Malheureusement, derrière les scénettes et ce ton burlesco-nostalgique, on sent un manque d’inspiration scénaristique au delà des artifices. 

Si le film nous offre quelques moments notables (comme la séquence de l’évasion de la prison), The Grand Budapest Hotel laisse malgré tout sur un sentiment de frustration. Manquant singulièrement de rythme et s’enfermant dans un univers tristounet de tableaux grisâtres (ou rosâtres) plutôt vilains qu’il peuple d’une extensible galerie de personnages, le long-métrage d’Anderson donne du grain à moudre à ses détracteurs qui ne voient en lui qu’un habile faiseur assez superficiel. Ses personnages ne dépassent ici jamais le cadre du « modérément rigolo », tandis que cette histoire de meurtre, de tableau volé et de lobby-boy réfugié n’émeut pas plus qu’elle ne captive réellement. Ainsi, on a l’impression d’assister à un énième film de Wes Anderson refaisant inlassablement le même métrage, recyclant impunément ses ingrédients, ses comédiens fétiches (offrant d’innombrables cameos) et ses marginaux farfelus à la limite du pastiche. 

Si ses deux précédents films, les irrésistibles Moonrise Kingdom et Fantastic Mr Fox, avaient le mérite de s’apprécier à n’importe quel âge, ce Grand Budapest Hotel souffre de n’être qu’un film pictural plutôt que la grande fresque délurée et mélancolique qu’elle voudrait être. La caméra déambule ainsi dans et autour d’une maison de poupées poussiéreuse qu’on aurait ressortie du grenier pour raconter au pied levé une histoire, à l’aide d’une flopée de marionnettes agitées sur une musique entraînante pour compenser le manque de souffle épique. Mais cette épopée s’avère au final plus décevante qu’enthousiasmante. On attendait mieux…

La fiche
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THE GRAND BUDAPEST HOTEL
Réalisé par Wes Anderson
Avec Ralph Fiennes, Saoirse Ronan, Tony Revolori, Jude Law, Adrien Brody, Willem Dafoe, Léa Seydoux, Mathieu Amalric
Etats-Unis – Comédie
26 février 2014
Durée : 100 min

Film projeté dans le cadre du #Club300Allociné.




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Moskau
Invité
Ravi par ce Grand Budapest Hotel. C’est vrai que le scénario est à la fois complexe (par le nombre de personnages)et simple (dans sa résolution), mais l’ensemble a beaucoup de charme.
Bruno31100
Invité
Bruno31100
totalement déjanté comme d’habitude avec Sieur Anderson; mieux que Moonrise Kingdom ou Aquatic Life; on se serait cru une fois de plus dans le Darjeeling Limited