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MARYLINE | Le second premier film de Guillaume Gallienne

Le second film de Guillaume Gallienne était attendu au tournant. Après un Les Garçons et Guillaume, à table ! très personnel, on se demandait en effet si le réalisateur saurait mettre en scène une autre histoire que la sienne. Et Guillaume Gallienne est conscient qu’il devait transformer l’essai avec Maryline, au point de se laisser un peu submerger par la pression.

Le début de Maryline fait en effet très peur, le réalisateur semble tâtonner dans le ton qu’il souhaite adopter pour raconter l’histoire de cette jeune fille de la campagne qui monte à Paris avec des rêves d’actrice plein la tête. On sent que la dominante est dramatique mais le réalisateur ne peut s’empêcher de renouer par moment avec la comique décalé qui parcourait son premier film. Heureusement, Guillaume Gallienne rectifie rapidement le tir et les instants de comédie (peu efficaces) ne seront utilisés qu’avec parcimonie. Les Garçons et Guillaume, à table ! se distinguait par ses choix de narration, du coup le réalisateur semble cette fois-ci aussi vouloir tenter des choses dans ce domaine. Maryline se compose ainsi de moments choisis de la vie de son héroïne, structurés par des ellipses et des flashbacks, et il sera laissé aux bons soins du spectateur de les relier entre eux. L’entreprise n’est pas toujours concluante (le film manque de fluidité) mais reste cependant audacieuse.

On pourrait encore faire d’autres reproches à Guillaume Gallienne, notamment ceux de vouloir trop mettre en scène ou encore de livrer un récit pas totalement abouti dominé par les stéréotypes, mais finalement aucune de ces erreurs n’empêche de ressortir de Maryline avec une émotion vive. Il y a finalement dans ce second film toute l’énergie communicative d’un premier film réalisé avec beaucoup de sincérité. Si Guillaume Gallienne semble souvent dépassé par son entreprise, il s’en sort toujours parce qu’il livre une émotion vraie. Il verse souvent dans l’excès mais un excès qui donne une force réelle aux séquences. Et puis Guillaume Gallienne est un formidable directeur d’acteurs, et surtout d’actrices. Que Vanessa Paradis est sublime et illumine le film en seulement quelques scènes ! Et Adeline d’Hermy est une vraie révélation. D’un mutisme troublant à un sourire radieux, la comédienne emporte tout sur son passage. Le scénario oublie d’aller fouiller en profondeur le personnage, pas grave, Adeline d’Hermy le fait dans son regard.

Maryline est plein de défauts et aurait pu faire de Guillaume Gallienne le réalisateur d’un unique succès, mais son habileté à faire ressortir toute la force des émotions et à tirer le meilleur de ses comédiens laisse présager de belles choses pour la suite.




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