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LE COIN DU GEEK | Star Wars 7

Chaque mois, notre rédacteur Tom Left reviendra sur l’événement cinématographique majeur de la culture geek. Chronique de film, bande-annonce, dossiers… Que rêver de mieux pour débuter ce nouveau rendez-vous que d’évoquer la sortie du nouveau Star Wars et tout ce qu’elle représente ?

Que la Force soit avec toi !

« Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… » Ces mots qui précèdent le logo et les premières notes du thème de Star Wars composé par John Williams mettent en transe tous les fans ayant grandi avec la saga. Combien d’enfants ont enfilé leur plus beau peignoir (marron de préférence), attrapé une lampe torche en guise de sabre laser et combattu le seigneur Vador ? Si aujourd’hui, beaucoup adorent Han Solo et préfèrent séduire la belle princesse Leïa et piloter le Faucon Millenium avec une peluche géante, enfants, nous voulions être des chevaliers jedi. Les « Vioum chiiiii ! vioum vioum » accompagnaient les mouvements de notre torche, tandis que nos mains ouvraient les portes automatiques à l’aide de la Force.

Frustré suite à son échec d’obtention des droits de Flash Gordon, George Lucas inventa l’univers Star Wars. Il instaura l’ordre des chevaliers Jedi, la Force, le Faucon Millenium et la respiration du plus grand asthmatique en deuil de l’histoire. Sortie en 1977, sans grand espoir pour la Fox, La Guerre des Étoiles fut une grosse surprise, un phénomène planétaire qui transforma un petit space-opera en monument culturel dont les deux suites, L’Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi, confirmeront la richesse et l’engouement. Ces films ont influencé toute une génération de réalisateurs et ont apporté de nombreuses avancées techniques et technologiques au monde du cinéma. Le montage, le son et les effets spéciaux sont entrés dans une nouvelle ère. On ne compte plus les clins d’œil, les références et les parodies de la saga. Encore aujourd’hui, Star Wars continue de d’avoir une place prépondérante dans la pop culture moderne. Pour faire simple, à moins de vivre dans une grotte en étant aveugle et sourd, il est impossible de ne pas connaître de près ou de loin la franchise inter-galactique. Mais, le monde étant un endroit bizarre et surprenant, avant de vous donner mon humble avis sur Le Réveil de la Force, je vais rapidement revenir sur ces deux trilogies.

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Au secours Obi-Wan Kenobi, vous êtes mon seul espoir.

Le souffle coupé, après la disparition du texte dans l’espace infini, on découvre un vaisseau, poursuivi par un croiseur impérial impressionnant. Une scène d’ouverture qui marque les esprits. Chaque épisode commencera ainsi, instaurant une tradition aussi inéluctable que l’introduction narrative en lettre jaune. L’assaut est donné, les soldats tombent sous les tirs des Stormtroopers (qui, pour une fois, visent bien). Puis le voilà qui fait son entrée : une grande silhouette noire avance au milieu des corps, respiration mécanique et voix caverneuse. Dark Vador demeure encore l’un des plus emblématiques personnages du cinéma. Suivant le schéma du Héros aux Mille Visages de Joseph Campbell, on y découvre Luke Skywalker, jeune fermier naïf, rêvant de devenir pilote, entraîné dans une grande aventure par C-3PO, R2-D2 et Obi-Wan « Ben » Kenobi. Sur la route de son apprentissage, il s’alliera aux contrebandiers Han Solo et Chewbacca, s’envolant à bord du Faucon Millenium pour délivrer le message de la belle princesse Leïa. Évasion, sacrifice et bataille spatiale finale face à l’Étoile Noire clôture en apothéose Un Nouvel Espoir, le début d’une grande épopée.

Je suis ton père !

Considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de toute la saga, L’Empire Contre Attaque marque une rupture de ton dans la trilogie. Plus sombre, avec son dénouement dramatique, le second volet (enfin, l’épisode V) recèle d’innombrables séquences et répliques cultes : le face à face avec Vador, la révélation finale « je suis ton père » et la perte d’une main changeront le personnage de Luke, sur le point de devenir un chevalier Jedi. On y découvre l’un des petits hommes verts favoris des fans, le « grand » Yoda, maitre Jedi en exil dans les marécages de Dagobah. La fuite de Han, Leïa et le reste de la troupe les conduiront vers la cité des nuages, où Lando Calrissian sera forcé de les trahir. Livrés à l’Empire, Han et Leïa s’avoueront enfin leur sentiment lors d’un mythique échange (« Je t’aime », « – Je sais ») avant de congeler le contrebandier, livré à Jabba par Boba Fett.

La Force est puissante dans ma famille.

Si L’Empire Contre Attaque met tous les fans d’accord, Le Retour du Jedi partage bien plus. Lucas, n’aimant pas la tournure que prenait l’histoire, reprit les choses en main pour lui donner un peu plus de « clarté ». Mais subsiste un principal sujet de discorde au sein de la communauté : les ewoks, ces petites peluches toutes mignonnes qui se battent aux côtés des troupes rebelles sur la lune d’Endor. Mais soyons réalistes, en dépit de ces créatures, cet épisode est aussi jouissif que le premier ! La libération de Han de l’antre de Jabba, Leïa et son célèbre bikini, Luke devenu chevalier Jedi, une bataille spatiale menée par Lando face à la nouvelle Étoile de la Mort, une autre, terrestre, sur Endor pour désactiver le boucliers, les révélations de parenté entre Luke et Leïa… Mais surtout, LE duel entre Luke et Vador sous le regard de l’empereur en personne. Le retour du Jedi Anakin, terrassant l’empereur pour sauver son fils. La fin donc pour l’empereur… et pour l’empire ? 

Si l’on doit à Lucas un univers aussi riche que celui de Star Wars, nous sommes tout de même contraints de reconnaître que la remasterisation aura fait du mal à la trilogie originale, parfois à grands coups de truelle numérique. Si rafraîchir l’image de ces épisodes vieillissants était légitime, les rajouts de scènes et de personnages déteignent parfois avec les environnements organiques. Le Jaba numérique dans Un Nouvel Espoir, la chanteuse dans son antre qui gobe l’écran dans Le Retour du Jedi ou l’incrustation de Hayden Christensen à la fin ce même volet (car oui, Anakin n’a jamais vieilli, la lave conserve bien apparemment) ont marqué les fans au fer rouge avec le sceau du désespoir…

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Quand La Menace Fantôme sort sur les écrans français, les fans en effervescences découvrent le premier épisode de la prélogie destinée à engranger un max de pognon narrer la chute de la République, de l’ordre des Jedi et dévoiler le chemin d’Anakin vers le côté obscur. Même si elle reste appréciée par la majorité, cette trilogie sera loin d’égaler sa grande sœur. Elle fâchera même une partie de la communauté à qui elle laissera un goût amer.

J’ai comme l’impression que nous allons ramasser une pitoyable créature en chemin.

Premier épisode de la prélogie, La Menace Fantôme était pétrie de bonnes intentions. Malheureusement, même s’il reste plaisant à regarder pour de nombreux moments, certains points noirs gâchent le plaisir. Trois mots : JAR JAR BINKS. Insupportable créature, bouffon de service qui n’est là que pour faire ch*** son monde. Détesté par une grande majorité des fans, « Missa missa » se verra presque exclu des deux épisodes suivants, logiquement. Le petit Anakin, trop « cucul la praline », cet enfant destiné à devenir le méchant le plus puissant (et classe) de la galaxie, apparaît trop « mignon » auprès des spectateurs, tuant toutes tentatives dans l’œuf dès la première réplique « Est-ce que tu es un ange ? ». Ces réserves majeures avancées, le film offre tout de même de grands moments tels que la course de pods ou le superbe combat final entre Dark Maul, Obi-Wan et Qui-Gon sur l’envoutante « Duel of the Faith ». On appréciera également ces combats bien plus dynamiques et esthétiques que dans la première trilogie. 

Je ne voudrais jamais votre mort maitre, vous êtes comme un père pour moi.

Si l’aspect numérique de l’épisode un a plutôt bien vieilli, force est de constater que ce n’est pas le cas pour L’Attaque des Clones – Bien plus faible que tous les autres volets – dont l’omniprésence des décors factices et l’abondance des personnages menacent l’efficacité de cet épisode et délogent le spectateur de son univers. Nettement moins épiques, les batailles, malgré un final d’envergure, ne prennent pas. Si toute la partie concernant Obi-Wan (personnage absolument génial, avouons-le) est très intéressante, la romance entre Anakin et Padmé désintéresse. Avec ses dialogues et scènes dignes de téléfilms, cet arc-là ennuie passablement, alourdi par une Anakin tête-à-claques et colérique que n’aurait pas renié Pascal le grand frère. On retiendra tout de même un moment phare avec le combat au sabre laser de Maître Yoda. 

Nous étions comme des frères. Je t’aimais Anakin.

Avec sa scène d’ouverture dantesque et ses combats spatiaux épiques, La Revanche des Sith redresse la barre. Sombre et touchant, il nous fait oublier toutes les lacunes de ses deux prédécesseurs pour nous servir une conclusion jouissive. Vraie réussite, le traitement du passage d’Anakin vers le côté obscur est finement construit. L’avènement de l’Empire ne sera pas sans rappeler celui d’un dictateur du 20e siècle avec cet empereur érigé en monarque absolu. La prélogie se clôture sur l’affrontement final entre Obi-Wan et Dark Vador, aussi puissant que déchirant. 

Il a été séduit par le côté obscur de la Force.

Alors qu’il avait dit que jamais – au grand JAMAIS – il ne cèderait les droits de sa franchise, en 2012, George Lucas les vendait à Disney. Une nouvelle qui ne manqua pas de déchaîner les foules, anticipant avec inquiétude l’impact que pourrait avoir la firme aux grandes oreilles sur la tonalité des nouveaux épisodes.


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Chewie, on est à la maison.

La critique du film

L’attente fut longue, mais récompensée. Après les déceptions suscitées par la prélogie, Star Wars VII : Le Réveil de la Force s’avère véritablement impressionnant. On y retrouve cette atmosphère chère à notre cœur, ces frissons qui hérissent nos chairs lorsque nous revoyons la trilogie. Han Solo le dit si bien : « On est à la maison ». Cet épisode VII en forme de passage de flambeaux permet à l’ancienne génération de faire doucement place à la nouvelle. Mention spéciale à Daisy Ridley (Rey) qui sort du lot au milieu de tout ce beau monde. Secondée par Finn (John Boyega), le side kick rigolo qui promet une belle évolution dans les prochains volets, et face à l’antagoniste torturé et colérique Kylo Ren (Adam Driver), le casting d’origine ne leur vole pas la vedette malgré l’immense plaisir de retrouver Harrison Ford et Carrie Fisher. Quand Jurassic World tentait cela sans réussir, ce nouveau Star Wars offre de beaux clins d’œil à la trilogie : on retrouve ce bon vieux « tas de ferraille », le souffle de la Cantina et une étoile de la mort impressionnante à faire pâlir ses petites sœurs. La caméra de J. J. Abrams virevolte dans ses scènes de batailles, l’histoire ose dans l’émotion, les effets spéciaux sont visuellement superbes et le duel final a un gout bien plus « old school » que la prélogie : du pur bonheur pour les yeux (malgré une 3D inutile) ! N’ayez donc aucun mauvais pressentiment, Star Wars VII : Le Réveil de la Force va vous faire rugir de plaisir et devrait permettre de former toute une nouvelle génération se rêvant en Jedi…




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ynausicaa
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ynausicaa
Que rajouter de plus?
Un léger manque pour moi, le maitre spirituel… mais ce point sera corrigé par la suite 🙂
Marla
Invité
Bravo pour cette belle analyse. Les choses ont quelque peu changé dans le dernier épisode.
Tom Left
Invité
Tom Left
Oui, le prochain risque de combler le manque 🙂
Mais avons tout de même qu’en un seul plan, question maitre spirituel, IL en impose !
Ynausicaa
Invité
Ynausicaa
Exactement! 🙂