still_Jacky

JACKY AU ROYAUME DES FILLES

7
Original

En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper…

Jacky lève le voile

Inspiré de sa bande-dessinée Pascal Brutal et revisitant explicitement Cendrillon, le second film de Riad Sattouf après Les beaux gosses marque ses retrouvailles avec Vincent Lacoste qui y tenait déjà le premier rôle, mais aussi Noémie Lvovsky et Anthony Sonigo. Le metteur en scène nous propose avec Jacky au royaume des filles sa propre vision du conte en transférant le pouvoir des hommes aux femmes avec une dimension politico-satirique plutôt sympathique. Intervertissant les rôles dans une société qui ressemble fortement à l’antithèse de celle régnant dans certains régimes dictatoriaux du Moyen-Orient ou d’Asie, cette comédie jusqu’au-boutiste n’a pas peur de rire de tout. 

À Bubunne, les hommes portent le voile et préparent la bouillie. Un jour, la Générale (Anémone) décide qu’il est temps de passer la main à sa descendante, la Colonelle, campée par Charlotte Gainsbourg. C’est l’occasion rêvée pour Jacky de devenir un des prétendants de celle qu’il aime et admire depuis si longtemps. Mais le chemin jusqu’au palais sera parsemé d’embûches. 

Le spectateur s’amuse du lexique bubunnesque, des détournements iconographiques du royaume, des spots télévisés et de cette inversion des rôles qui provoque de nombreuses scènes cocasses. Un délire assumé à 200% par son alter-égo Vincent Lacoste qui ne rechigne jamais à interpréter des personnages aussi ridicules qu’attachants (on se souvient de l’ovni JC comme Jesus-Christ notamment). Si celui-ci est un habitué du genre, on appréciera de constater que Michel Hazanavicius et Charlotte Gainsbourg ne se sont pas fait prier pour endosser leurs rôles de gigolo révolutionnaire et d’éminente Colonelle à l’orientation sexuelle incertaine. 

Sorti dans une semaine trouble où la théorie des genres fut largement et insidieusement évoquée, Jacky au royaume des filles est un pied-de-nez savoureux aux doctrines les plus nauséabondes. Bien qu’imparfaite, la comédie de Sattouf – dans la lignée de The Dictator – a le mérite de l’audace mais aussi celui de dépasser le simple gag grolandais, tenant efficacement la route sur quatre-dix minutes. C’est assez rare en France pour ne pas l’apprécier quand ça arrive. 

La fiche
thb_BlackCoal

JACKY AU ROYAUME DES FILLES
Réalisé par Riad Sattouf
Avec Vincent Lacoste, Charlotte Gainsbourg, Michel Hazanavicius, Anémone, Valérie Bonneton, Noémie Lvovsky
France – Comédie
29 janvier 2014
Durée : 90 min




2
Poster un Commentaire

avatar
2 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
0 Auteurs du commentaire
HIPPOCRATE | art et essaiHIPPOCRATE | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMA Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
trackback
[…] Lacoste, ayant auparavant fait ses armes dans le registre de la comédie (JC comme Jesus-Christ, Jacky au royaume des filles, Le skylab, Les beaux gosses…). […]
trackback
[…] auparavant fait ses armes dans le registre de la comédie ("JC comme Jesus-Christ", "Jacky au royaume des filles", "Le skylab", "Les beaux […]