featured_Divines

DIVINES

7
Percutant

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien. 

Antigone des temps modernes.

Pour son premier long métrage, Divines, la réalisatrice Houda Benyamina plante le décor dans la banlieue parisienne. Dounia, son héroïne, évolue dans une cité dont le tableau est celui d’un véritable microcosme en marge, où les conditions de vie sont éminemment précaires. Dénommée la « Bâtarde » depuis sa tendre enfance, Dounia, véritable garçon manqué, incarne à elle seule le reflet d’une réalité sociale de notre époque, étant indéniablement un archétype de la quête identitaire. Non sans rappeler la figure d’une Antigone des Temps Modernes, c’est la fougue, la rébellion et le désir d’évasion qui guident la jeune fille dans tout ce qu’elle peut entreprendre, toujours accompagnée de Maimouna, sa meilleure amie, dont le second rôle est particulièrement intéressant, et pour le moins attachant.

Construit à partir de nombreux contrastes, si ce long métrage évoque la violence de la banlieue, il est aussi un témoignage criant d’espoir, mettant en avant l’Amour, seule possibilité de salvation, décliné sous plusieurs formes : entre deux adolescentes, amies, envers et contre tous/tout, entre une mère et sa fille ou encore entre deux jeunes personnes sur le point de tomber amoureuses. Que ce soit dans l’agencement de l’intrigue, passant de manière – parfois brutale – du comique au tragique ou dans la construction des personnages, ces nuances tranchées apportent une teinte particulière à l’histoire, plongeant le spectateur dans quelque chose d’incroyablement vivant et animé.

À travers ceci, Houda Benyamina prend le parti de bouleverser certains clichés, notamment en permettant à ses personnages féminins de mettre à bas les fantasmes et les préceptes masculins qui pèsent sur elles. Image fracassante du « caïd » de la cité, Rebecca, une dealeuse respectée, imposante à tous points de vue, tant par la violence latente qu’elle dégage, que par sa virilité ou sa sensualité, loin des stéréotypes de la phallocratie des banlieues. On retiendra en illustration, la phrase culte, reprise par la réalisatrice à Cannes en Mai 2016 « T’as du clito ! ».

Le seul lieu d’évasion possible de la violence qui jalonne la vie quotidienne de Dounia est la salle de spectacle, où elle aura l’occasion de rencontrer Djigui, un jeune danseur contemporain, dont les moments de rencontres avec lui seront de véritables respirations sensibles dans la trame narrative.

Esthétiquement, Benyama habille son drama de belles images, de belles couleurs, malgré une mise en scène parfois un peu absente. Il semble manquer quelque chose en termes de cinématographie. L’intrigue est travaillée, mais presque trop profuse. Il y a une véritable impression d’horreur du vide à certains moments, ce qui rend les choses difficilement saisissables, moins authentiques. Une sensation de trame narrative quelque peu brouillonne, un peu tirée par les cheveux, et parfois trop alambiquée mais la comédie tient la route et de nombreux passages se révèlent sincèrement touchants et drôles. Un premier long métrage prometteur pour le cinéma français, qui apporte un éclairage nouveau sans tomber dans la complaisance et qui révèle une comédienne dont il faudra retenir le nom : Oulaya Amamra.

La fiche

thb_Divines

DIVINES
Réalisé par Houda Benyamina
Avec  Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kevin Mischel…
Etats-Unis – Thriller
Sortie : 31 Août 2016
Durée : 105 min




1
Poster un Commentaire

avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
1 Auteurs du commentaire
Bruno31100 Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
Bruno31100
Invité
Bruno31100
dure dure la fin ! c’est du vécu çà ! mais moi je vs deal tous les jours au collège, les gosses déscolarisés, qui préfèrent gagner de l’argent facile et sale, plutôt que de trimer pour avoir une vie de merde comme les parents… quelques clichés…